Qu’ils
soient petits ou grands, c’est pour tous la même joie de la découverte des
1000 odeurs qui jalonnent une promenade, des 1000 « messages » que
des congénères ont laissés sur
leur passage.
Pour
sa santé et son bon équilibre un chien a besoin d’être sorti au moins 3
fois par jour s’il vit en appartement, et une fois par jour, même
s’il dispose d’un jardin. Certaines races de chiens exigent des sorties
sinon plus nombreuses, en tout cas plus longues et au rythme plus rapide, pour
une dépense d’énergie plus grande.
Partir
en promenade avec son chien, peut être un moment très plaisant pour beaucoup
de maîtres, mais un moment parfois difficile voire redouté par certaines
personnes, incapables de contrôler leur animal à l’extérieur.
Qu’est-ce qui fait que le bonheur des uns (la majorité dans
l’ensemble) peut presque faire
le cauchemar des autres?
Les
sorties avec un chien qui ne sont pas une partie de plaisir, sont dues la
plupart du temps à une mauvaise éducation ou même absence d’éducation des
chiens par leurs maîtres.
« Notre
chien tire tellement en laisse ! ma
femme ne peut même plus le tenir ».. ou bien « nous ne pouvons
jamais lâcher notre chien, pas même à la campagne ou en forêt, car il ne
revient pas à notre appel, court après les joggers et les cyclistes et se précipite
pour aller vers tous les autres chiens ! »…
Leurs
maîtres ont-ils su apprendre à ces chiens à marcher en laisse calmement, à
revenir au rappel et à leur rester attentif
quand se promènent les autres ? Tous ces apprentissages nécessitent
parfois de faire appel à un professionnel (éducateur canin) pour connaître les bons gestes, et
les maladresses à ne pas commettre pour obtenir le bon contrôle de son animal
en extérieur.
Tout
doit et peut s’apprendre, même de sortir en promenade avec son chien ! et
l’aide de professionnels compétents n’est jamais perte de temps et
d’argent pour les personnes inexpérimentées,
ni même pour les plus averties avec un chien au plus fort tempérament.
Attention
cependant à ne pas mettre la charrue avant les bœufs, c’est à dire vouloir
faire ce travail avec un chien sur lequel on a un fort mauvais contrôle à la
maison.
Les meilleurs résultats d’obéissance en séances d’éducation
canine, seront obtenus si le chien est préalablement bien subordonné à ses maîtres,
c’est à dire correctement positionné relationnellement au sein de sa famille.
Comment prétendre en effet vouloir contrôler de loin et faire revenir au
rappel à l’extérieur, un chien qui n’en fait qu’à sa tête à la maison ?!!..
Autres
causes (plus difficiles à rattraper) et rendant les promenades désagréables,
sont celles liées à une mauvaise socialisation du chiot pendant son très
jeune âge, chez l’éleveur et ses maîtres ensuite.
« Nous
ne pouvons sortir Tyson que tôt le matin ou tard le soir, car il est très
agressif avec les autres chiens ! » ou bien « personne ne peut
nous approcher en promenade, car Saxo grogne sur tout le monde et menace de se
jeter sur les enfants qui veulent le caresser ! » ou bien «Rambo
adore sortir en forêt mais le trajet en voiture avec lui est un calvaire !
tellement il stress, s’énerve et
gémit ! » ce qui devait être détente et distraction pour les maîtres
et leur compagnon n’est
malheureusement pas le cas.
Une
bonne socialisation du chiot
Ces
chiens ont-ils été bien « préparés » à la vie sociale normale
d’un chien ?
Pendant
leurs 8 premières semaines de vie, l’éleveur doit offrir aux chiots
l’environnement le plus stimulant possible. Durant ce temps, le cerveau du jeune animal poursuit son développement
et s’enrichit, pour donner aux chiots de plus grandes facultés d’adaptation aux choses et situations nouvelles qu’ils rencontreront
plus tard.
Ensuite charge aux propriétaires du chiot de lui faire vivre rapidement
les expériences multiples de la vie future d’un chien.
Sorties dans la rue
(sans choisir les plus bruyantes les premiers jours !) promenades courtes
en voiture, balades en forêt…Et cela dès leur 8ème semaine (âge minimum légal
de vente) avant même les derniers vaccins, pour le familiariser progressivement avec le tohu-bohu de la vie urbaine, l’habituer à
rencontrer des congénères et des humains petits et grands à pied, à vélo ou
en rollers...
Pendant la période de forte
attraction sociale de leurs 12 premières semaines, les chiots qui sortent peu
et ne font pas ces multiples expériences sociales à l’extérieur, seront
moins confiants et hardis dans leurs promenades futures.
Mais
attention à ce que toutes ces expériences multiples soient le plus positives
possibles quand on veut y familiariser un chiot.
Le premier déplacement
en voiture doit être fait dans le calme sans le chahut des enfants qui
ballottent le chiot par exemple ! si le petit animal vomit ou a la diarrhée :
inutile de s’en formaliser, cela ne ferait que renforcer son stress. Une
attitude neutre et banalisant l’évènement est préférable, pour que le
chiot n’associe pas plus tard -> balade en voiture = malaise assuré.
Les premières sorties en ville sont préférables dans des
rues où la circulation automobile n’est pas trop intense et sur des trottoirs
larges et propres. Une immersion
trop brutale dans les bruits et l’agitation d’un centre ville bondé ne
ferait que rendre le chiot craintif et rétif ensuite, à vous accompagner
tranquillement pour faire une course.
Les premières rencontres avec des congénères sont préférables
en promenade hors de la ville, dans un environnement calme et propice aux jeux.
Plus
les contacts avec des chiens de races diverses adultes ou non se déroulent de
manière ludique, et plus le chiot sera ensuite sociable avec ses congénères
en promenade. Dans les rencontres avec ses congénères adultes, un chiot
n’a rien à craindre d’eux car un adulte n’agresse pas un « petit »,
une bonne raison donc pour l’en faire profiter. A l’adolescence, les
relations changent avec les autres chiens, et les mâles de certaines races ne
sont notamment pas très souples avec les autres mâles. C’est justement
par une socialisation précoce que l’on peut atténuer cela.
Malgré tout ce soin apporté à la
bonne socialisation de son chien:
Les balades avec lui peuvent encore être
incertaines, car des maîtres moins avertis se promènent souvent avec des
compagnons moins confiants et sociables que le vôtre. La vigilance est donc de rigueur pour repérer maître et chien mal assurés ensemble, qui font que l’animal est
craintif et agressif défensivement. Mieux
vaut rappeler son chien, prendre un peu de distance et ne pas provoquer un
rapprochement conflictuel.
Il
est à retenir que les meilleures rencontres entre chiens se font quand ils sont
tous lâchés, c’est à dire qu’ils peuvent librement se flairer et
prendre connaissance l’un de l’autre sans entrave. Joueront-ils
ensemble, passeront-ils chacun leur chemin.. en tout cas leur approche
est naturelle. En ville nous devons tenir nos compagnons en laisse, et leurs
rencontres ne sont pas aisées. Sans possibilité de fuir ou même de se défendre
d’un congénère qui se montrerait belliqueux, tendus au bout d’une laisse
qui souvent communique les propres craintes de leurs maîtres, beaucoup de
chiens sont loin d’être en mesure d’aborder paisiblement un congénère.
Une fois encore, c’est en les y familiarisant très tôt que seront estompées ces
difficultés.