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Dans nombre de ces rôles et malgré ses immenses capacités
d’adaptation, le chien est souvent placé dans des situations
ambiguës, de double contrainte, incompréhensibles pour lui et
génératrices d’anxiété.
Attentes souvent contradictoires et rôles multiples amènent
ainsi l’animal à produire des réponses (comportements) qui ne
sont pas celles souhaitées par la famille, et d’incompréhensions
du chien en incompréhensions des maîtres s’accroissent les
tensions, jusqu’à la détérioration voire la rupture des
relations.
Une diffusion massive mais réductrice et simplificatrice des
connaissances sur le chien, freine un public en demande de
solutions, à aller vers un professionnel dont l’intervention
devient alors pourtant indispensable.
Vers qui se tourner ? devient sa question principale.
On connaît le vétérinaire, l’éducateur canin, mais qui est
donc le comportementaliste ? Quelle forme d’aide propose
t-il d’apporter ? Dans quels cas peut-on solliciter son aide ?
Une approche relationnelle :
Lorsque des comportements indésirables du chien
apparaissent, il est commun chez les propriétaires de vouloir
agir sur l’animal même, pour tenter d’enrayer, contrer le
comportement gênant ou d’en discipliner les manifestations, par
une médicalisation ou un dressage par exemple.
Si le dressage (de nos jours couramment appelé
éducation canine) montre son utilité, avec un conditionnement de
l’animal pour un bon rappel, la marche en laisse paisible, les
ordres de base : « assis – coucher – pas bouger - par exemple,
il montre vite ses limites dans la résolution des altérations du
comportement.
Comment dresserait-on un chien à ne pas détruire, gémir, aboyer,
uriner ou déféquer… par exemple quand on s’absente de la maison?
De même peut-on se contenter de médicaliser et/ou castrer un
chien qui menace et mord humains ou congénères, en réduisant
ainsi l’animal à un simple fonctionnement organique ?
Les comportementalistes refusent d’observer le
chien et ses désordres du comportement, comme s’il était un
sujet isolé, autonome, imperméable et indépendant de son
environnement et de ses relations à ses maîtres.
Chaque chien est unique et s’est trouvé façonné
par sa lignée, son vécu prénatal, sa naissance, son
développement précoce durant le temps passé avec sa mère et sa
fratrie, ajoutés de ses expériences dans son environnement
d’adoption.
Chaque famille aussi est unique, avec les individus qui la
constituent, l’histoire, la sensibilité et les diverses
attentes, parfois contradictoires, de chacun face au chien.
C’est cette infinie diversité qui fait que la
situation problématique d’une famille avec son animal, n’aura
pourtant jamais exactement les mêmes raisons ni les mêmes
solutions.
Pour le comportementaliste ces solutions seront
donc adaptées à chaque cas particulier, sans standardisation des
attitudes et des protocoles, ni séance/type avec
questionnaire/type.
Avec ses comportements désordonnés, le chien n’est
pas forcement « détraqué », malade ou méchant, et s’il se
comporte de manière inexpliquée, il a d’abord besoin d’être
compris.
C’est à ce niveau qu’intervient le
comportementaliste, en faisant considérer que les « troubles »
de l’animal doivent être abordés comme des difficultés
d’adaptation de l’individu à son milieu, et donc bien comme
des troubles de la communication et de la relation.
Pour
n’importe quel comportement dérangeant et suivant les problèmes
à résoudre, le comportementaliste rencontrera à domicile et
ensemble tous les acteurs de la relation (maîtres et animal) ou
recevra dans son cabinet avec ou sans le chien.
Si d’autres approches ont déjà été abordées,
parfois avec acharnement (je pense à des séances d’éducation
poursuivies des mois durant ou/et des médicalisations
successives elles aussi prolongées) il n’est pas raisonnable
d’exiger du comportementaliste, une résolution éclair des
problèmes rencontrés.
Si de longues et vaines démarches ont pu mener au
découragement, un minimum de constance est souhaitable, dans la
poursuite du travail que propose le comportementaliste.
Mieux connaître les codes sociaux du chien et les bonnes raisons
de les observer dans l’établissement de quelques nouvelles
règles de vie, demande à chacun (maîtres et chien) un temps
d’adaptation.
Cela dit, si clarté, constance et cohérence
viennent à présider dans la relation avec le chien,
l’atténuation voire l’extinction des conduites gênantes de
celui-ci, ne tardent pas. Deux ou trois entretiens (rarement
plus) sont nécessaires pour réorganiser une relation et rétablir
une bonne communication avec l’animal, où anthropomorphisme et
idées reçues ne régneront plus.
Parlons « finances »:
Certains comportements indésirables du chien,
parfois supportés des mois durant, se révèlent bien plus onéreux
en dépenses diverses, que les services du comportementaliste.
(Ex : les destructions dans la maison, la voiture, le jardin… et
les achats et réparations qui en ont découlés ; ou les conduites
agressives, les malpropretés… et les recettes, matériel et
substances qui ont été testées pour remédier….etc. etc.)
Faire appel au comportementaliste pour mieux comprendre et être
compris de son chien, est en conséquence une démarche plus
économique qu’il n’y paraît, surtout et d’abord en ce qui
concerne le désarroi de l’animal. Car c’est bien de détresse du
chien qu’il s’agit, et de ses difficultés à trouver les
comportements justes, en face de situations souvent
incompréhensibles pour lui.
Et pour la prévention :
Insuffisamment consulté pour cela, le
comportementaliste tient pourtant aussi un rôle important en
terme de prévention : bon nombre de situations parfois bien
envenimées dans la relation avec un chien, auraient pu en effet
être évitées si son aide spécialisée avait été sollicitée en
amont.
Faire appel à son expertise lors de l'acquisition
d'un chiot ou mieux encore avant même cette acquisition, serait
souhaitable pour tous les futurs propriétaires, surtout quand il
s’agit du choix d’un premier petit compagnon.
Un ou deux entretiens permettent de s’informer du
besoin d’accompagnement singularisé d’un très jeune animal, et
de l’aider à développer ses compétences extraordinaires, mais
limitées par son immaturité.
Lors de l’adoption d’un chien adulte en refuge, le
comportementaliste aide à construire rapidement une relation
harmonieuse avec l’animal, en installant de bonnes habitudes et
en évitant les maladresses à ne pas commettre avec ce nouveau
venu, au passé immanquablement traumatique.
En conclusion, quand on a besoin d’un
comportementaliste, la difficulté reste de trouver celui (ou
ceux) qui exerce (ent) sur la région où l’on habite.
L’association de comportementalistes C.A.D.
(affiliée à la Fédération Européenne des Comportementalistes) a
répertoriée une liste de ses membres sur toutes les régions de
France, et qui peut être consultée sur son site :
http://www.comportementaliste-associationcad.org
Danièle Mirat
Comportementaliste
Voir aussi:
Le comportementaliste est-il un ultime recours?
Formations au métier de comportementaliste
Coup de gueule:
Attention
à ne pas confondre…. ! avec un métier et des agissements qui ne sont pas ceux de
comportementaliste
(vu
à la télé...)
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