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Les
enfants étant souvent demandeurs d’un chien à la maison, se pose la
question de savoir si la présence d’un animal et d’un chien en
particulier, est utile et bénéfique au développement d’un enfant ?
Le
choix d’un molosse n’est-il pas plus risqué que celui d’un autre
chien ?
Comment
organiser une cohabitation harmonieuse pour minimiser les risques de
morsure qui peuvent être graves, vu le potentiel énorme des mâchoires
d’un chien de race molossoïde
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Une
cohabitation chien/enfant n’est jamais sans risque.
Alors décider de
faire cohabiter un ou plusieurs enfants avec un molosse ne peut pas se
faire dans l’approximation, la hâte d’un coup de tête ou d’un
coup de cœur pour un « gros nounours » vu dans une vitrine !
L’achat
responsable commence en portant son choix sur un
chiot correctement sociabilisé dans ses premières semaines de vie.
Pour
cela un éleveur sérieux veille (durant la période dite sensible) aux
contacts multiples de ses chiots avec des humains de tous genres,
adultes, ados, enfants en bas âge et bébés.
Cette
familiarisation précoce prépare le petit animal à se montrer moins
craintif à l’approche toujours un peu singulière et turbulente des
enfants, limitant ainsi les risques de morsures par peur.
Certes,
un chien n’est pas indispensable au bon développement d’un enfant,
mais il contribue à son éveil et son épanouissement.
Jamais
un chien ne trahit l’enfant qui lui confie sa peine ou ses peurs.
Jamais il ne le juge, jamais il ne résiste à son appel au jeu, c’est
ce qui en fait un si précieux compagnon.
Mais
une telle complicité partagée se gagne, en aidant l’enfant à bâtir
une relation basée sur le respect mutuel.
Et
c’est pour prévenir tout accident que les parents ont à apprendre
à l’Un, à comprendre l’Autre.
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Pour
« apprendre l’animal » à l’enfant et « apprendre
l’enfant » à l’animal en toute sécurité,
il faut d’abord commencer par s’informer soi-même, connaître très
bien les conduites sociales canines et savoir comment positionner
relationnellement le molosse dans la famille, pour qu’il soit sous
l’autorité incontestée de ses maîtres.
L’idéal
est de commencer l’éducation de l’un avant celle de
l’autre.
Offrir
par exemple un petit molosse à un très jeune enfant, relève du trop périlleux
tour de force d’apprendre les bases de la vie sociale aux deux en même
temps.
L’un
et l’autre réclament chacun beaucoup trop d’attention et de
disponibilité dans leur jeune âge, pour que cela puisse être mené de
front confortablement.
Il
vaut donc mieux avoir un chiot quand on a déjà pu bien initier
l’enfant à la différence et au respect des animaux.
Mais
l’idéal reste d’attendre bébé quand on a déjà bien installé
une harmonieuse cohabitation avec son animal.
Comment
un molosse auquel sont offerts au quotidien maints privilèges de la
dominance, pourrait-il ne pas ressentir de frustration devant le
nourrisson, qui pourrait alors être vécu comme un intrus.
Pour
qu’un chien correctement positionné chez lui dans sa relation soit
d’autant mieux capable de vivre l’arrivée d’un bébé, il faut
d’abord veiller à ne pas changer ses habitudes et ne pas l’écarter
de la relation parents/enfant.
Une
diminution des attentions de ses maîtres peut déclencher chez le
molosse un désordre émotionnel et comportemental, une phase dépressive
parfois.
Pour
son bon équilibre, il est bon de moins s’en occuper quand bébé
dort, mais de donner les soins au bambin toujours en sa compagnie.
Apprendre à l’animal la promenade en laisse près de la poussette et
ne jamais les laisser seuls sans surveillance, en pensant que le chien
va garder le petit !
Les
avantages psychoaffectifs que l’on peut prévoir pour un enfant avec
un chien à la maison, ne pourront cependant se déployer que si les
parents sont conscients qu’ils ne devront jamais attendre de l’Un
qu’il se charge de l’Autre.
Une
mère débordée par un bébé difficile ne doit pas attendre que la
simple présence d’un chien (ou d’un chiot !!) vienne réguler
les humeurs et comportements du bambin.
A
l’inverse, un couple trop pris professionnellement ne doit pas
attendre de l’enfant qu’il s’occupe de l’éducation et des soins
à donner à l’animal.
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La
présence de celui-ci engendre les contraintes journalières de le
nourrir, le soigner, l’éduquer, le toiletter, le sortir plusieurs
fois par jour, et ce jusqu’à la fin de sa vie.
Ces
responsabilités incombent et ne restent toujours qu’à la charge des
parents, même s’ils peuvent déléguer parfois quelques tâches à
l’enfant (vérifiant que tout se passe dans le respect de l’animal).
Charge
pour les parents, d’apprendre très tôt à l’enfant, qu’un chien
molosse ou non, est un être vivant avec des besoins vitaux comme
manger, boire et se reposer et qu’il ne doit absolument pas être dérangé
à ces moments là.
Qu’il
éprouve des émotions assez semblables aux nôtres comme la joie, la
colère par exemple.
Qu’il
peut être malade et souffrir tout comme nous.
Que
si c’est un chiot, il doit faire l’apprentissage de la vie chez les
humains avec la patience, la gentillesse mais aussi (et surtout avec un
molosse) la fermeté de tous, et
que les règles strictes de vie qu’imposent ses parents à l’animal,
doivent être appliquées.
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L’enfant
doit cependant être initié à ce que son chien n’est pas absolument
semblable à nous, et qu’il ne va pas réagir comme un être humain le
ferait à sa place.
Son
compagnon à 4 pattes est d’une autre espèce que la nôtre et les
parents doivent aider l’enfant à connaître et respecter ses différences.
Ce
que le chien peut représenter et apporter à l’enfant:
Pour
le tout petit, l’animal représente un « objet transitionnel »
un « nin-nin » sécurisant lorsque la mère se détourne ou
s’éloigne un peu.
La
chaude fourrure éveille l’enfant à la découverte de son propre
corps dans la rencontre de celui de l’animal, par son toucher, son
odeur.
À
travers toute la gestuelle, les postures, mimiques, vocalisations qui
sont moyen de communication de l’animal, le tout petit communique lui
aussi avant la parole, par les canaux du paralangage.
A
cet âge, encore moins qu’un autre, jamais le bébé ne doit être
laissé seul et sans surveillance avec un molosse.
Un chien est plutôt indulgent avec un petit qu’il assimile à un
chiot, mais il a ses limites.
Le
bambin peut s’agiter soudain, remuer bras et jambes avec brusquerie,
se mettre à crier de plaisir comme de colère, agripper les poils du
molosse qui s’approche… !
dès qu’il se mettra à se déplacer à 4 pattes, il peut même
envahir les lieux de repos et gamelles du molosse.. ! qui pourrait
en être légitimement irrité et y réagir peut-être avec une rudesse
toute canine.
Bref,
ces gesticulations et ces cris, au bout d’un moment possiblement mal vécus
par l’animal, peuvent le pousser à vouloir les faire cesser comme il
le ferait avec un chiot, c'est-à-dire en grondant ou aboyant sur le
petit ou même en venant le « pincer » ! si celui-ci ne
cesse pas ses agitations.
C’est
ainsi qu’un chien adulte procède avec un chiot trop turbulent. Après
des grondements destinés à le faire se calmer, si l’agité ne se
soumet pas rapidement, il se voit mordre par l’adulte qui retient
juste ce qu’il faut l’intensité de sa morsure, jusqu’à ce que le
chiot s’apaise.
On
imagine ce qu’un comportement comme celui-là (normal, mais
caninement parlant seulement !) peut avoir de conséquences sur la
peau tendre d’un bébé, qui de plus, en pareilles circonstances, loin
de « se soumettre et s’apaiser ! » (comme le ferait
un chiot) décuple ses cris et agitations, « forçant » en
quelque sorte le chien à maintenir et renforcer sa morsure !!
Le
molosse, selon certains et sous prétexte que ça n’est qu’un chien !
doit savoir tout supporter des enfants.
C’est
ne pas respecter l’animal d’une part, et surtout se décharger bien
facilement du devoir de surveillance constant, que l’on doit
normalement à son bambin. Un chien aussi gentil et patient soit-il, ne
réagira toujours en toute circonstance que selon ses codes canins, et
c’est aux parents d’avoir la sagesse de ne pas les ignorer.
A
partir de cet âge le jeune enfant s’identifie à l’animal qui
l’aide à se défaire progressivement de la relation fusionnelle avec
sa mère, lui permettant de tisser d’autres liens.
Petit
à petit l’animal devient ce confident qui ne trahit pas quand le
bambin lui chuchote à l’oreille ses joies et ses déceptions, nouant
avec lui une relation de confiance et de complicité.
Vraie
leçon de biologie à lui seul, l’animal apprend aussi « les
choses de la vie » à l’enfant ; celui-ci constate les
besoins pulsionnels de son compagnon, assiste parfois à la naissance de
petits (qu’il appelle des bébés), à leur éducation par leur mère,
etc.… Il pose alors nombre de questions et peut faire la comparaison
avec lui-même.
Ils
vont explorer le monde ensemble à travers des courses-poursuites et des
jeux sans cesse inventés, un chien étant pour cela un partenaire
toujours disponible.
Vers
3, 4 et 5 ans l’enfant entre très fort en contact corporel avec son
chien, veut le prendre dans ses bras, le caresser, l’embrasser même
si ça n’est pas du goût du molosse à cet instant, lui tirer les
poils, le frapper avec un objet …juste pour jouer !
Si
les deux s’emballent et que monte la surexcitation, la disproportion
des tailles et la force d’un molosse mettent l’enfant en danger. Les
parents doivent alors faire cesser les jeux.
Attention
aussi lors de réunions de petits camarades où les bagarres, les
courses et les cris, peuvent déclencher chez le chien un comportement
de poursuite comme après une proie.
Il
faut apprendre au jeune enfant à respecter l’animal, compagnon de
jeux avec ses limites à la tolérance, ni « cheval à bascule »
ni souffre douleur.
Vers
6 ou 7 ans, on peut apprendre à l’enfant à décoder les signaux
comportementaux du molosse comme la joie, l’excitation, à travers ses
différentes postures de queue, oreilles…mais aussi à repérer son
impatience, son irritation et ses menaces par ses mimiques faciales, et
bien sûr apprendre à l’enfant à savoir y réagir sans courir ni
crier.
Et
si d’une manière générale et prudente, il sait qu’il ne doit pas
poursuivre son chien sur son lieu de repos ni jouer avec son panier, ses
jouets et sa gamelle, les risques d’accident sont déjà limités.
L’animal
peut-être un médiateur relationnel pour l’aider à communiquer avec
ses camarades, ses frères et sœurs ou ses parents s’il a des
difficultés. L’animal sert de projection affective si ses relations
avec ses parents sont affectées, ou substitut affectif qui remplace un
parent absent (pris par le travail ou divorcé ou décédé).
A
cet âge, certains jeunes s’identifiant à l’animal dans des
contraintes dont ils sont eux-mêmes l’objet, rechignent à la rigueur
des règles de vie que leurs parents prudents, imposent à la maison
avec le molosse. Le risque serait qu’un chien à fort tempérament
n’en profite pour récupérer de la dominance et veuille ensuite
exercer son contrôle sur l’enfant.
D’autres
jeunes, à l’inverse, s’apercevant que ce gros chien qui fait si
peur aux autres leur obéit sur ordre, se mettent à devenir presque
tyranniques avec lui.
Ces
attitudes excessives doivent être modérées par les parents qui ont à
faire respecter l’ordre juste, au sein de la petite famille/meute.
On
peut aider le jeune à vraiment comprendre le pourquoi du respect
d’une éducation sérieuse, en l’initiant à l’obéissance de son
molosse, de manière ludique, par la pratique de l’agility par
exemple.
A
cet âge il peut commencer à prendre un peu en main la responsabilité
de l’animal. Ce moment de passage de l’enfance à l’âge adulte
est marqué par des signaux hormonaux que le molosse repère le premier.
Comme pour un chiot arrivant à la puberté, il permettra à l’ado
moins de privautés avec lui, qui devient alors comme un rival par
rapport auquel le molosse va devoir se resituer.
C’est
une fois de plus, comme à tous les âges de l’enfance, le maintien de
la rigueur des règles de vie à la maison qui feront passer ce cap de
changement relationnel familial
Le
molosse de la famille n’est pas celui que l’enfant pourra rencontrer
dans la rue, restera donc à l’initier à l’approche d’un chien
inconnu.
Danièle Mirat avec la
collaboration de Françoise
Gaudron comportementaliste
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