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Petit
florilège de questions pratiques, d'affirmations et d'idées reçues, avec des
réponses courtes
(Des sujets nouveaux en ligne
régulièrement)
1- Il y a des races gentilles et des races méchantes
Et attention à ce pas franchi par certains, qui prétendent que
« les agressives » sont surtout les races de molosses.
Tout est une question d’individus et pas de races. Qu’il y ait
davantage de forts tempéraments dans les races molossoïdes, avec
des mâles plutôt sourcilleux face à d’autres mâles, c’est
indéniable. La possession de tels chiens invite d’ailleurs leurs
maîtres (et bien sûr ceux aussi des plus petites races) à être
très avertis que toutes les étapes du développement de l’animal
sont importantes pour en faire « un gentil » ou pas.
C’est depuis la qualité du vécu prénatal + une bonne
socialisation du chiot aux espèces canine et humaine chez
l’éleveur + une soigneuse éducation et une bonne communication
que l’on façonnera un chien adulte et équilibré (molosse ou
non!).
Pour en savoir
plus: Le
chien: inné + acquis
Danièle Mirat
2- Un chien qui grogne est méchant* et s’il a mordu... il
remordra forcément
Pas "forcément" non! si l'on fait ce qu'il faut pour cela: c'est
à dire comprendre.
Que ses menaces s’adressent à un congénère ou un être humain,
quand un chien grogne c’est pour prévenir son entourage que
quelque chose l’inquiète ou lui fait peur, l’incommode ou lui
fait mal et qu’il souhaite que cela cesse.
Tout chien aura son propre seuil de tolérance/intolérance à une
situation, et s’il est capital de savoir reconnaître pourquoi un
chien menace (qu’est-ce qui a été vécu si négativement ? en
réaction à quelle situation, quel évènement ?) il l’est tout
autant de respecter son message.
En cas d’inefficacité de la menace (ex : l’autre s’obstine dans
son attitude, ne renonce pas à un éventuel enjeu, ne donne pas
de signe de soumission) celle-ci sera mise à exécution par
morsure.
Les parents doivent tout spécialement apprendre aux enfants par
exemple : « Non, le chien ne sourit pas, même s’il montre les
dents » ou « Non, le chien ne ronronne pas comme le chat, mais
s’il grogne c’est qu’il n’est pas content et veut qu’on le
laisse tranquille ». On lui apprendra qu’il faut arrêter ce
qu’il est en train de faire et qu’il doit quitter les lieux
calmement.
* « Méchant » ne devrait pas être employé pour qualifier un
chien, car la notion de nuire à l’autre, contenue dans ce mot,
ne peut pas être appliquée à l’animal
Pour en savoir plus:
Chien qui
a mordu... remordra?
Danièle Mirat
3 - Il ne faut
surtout pas sortir un chiot avant ses derniers vaccins
Faux!
En ne sortant pas le chiot très tôt, il y a plus à craindre de
ne pas initier une bonne socialisation au milieu extérieur,
plutôt qu’à le maintenir à l’intérieur pour le préserver des
infections possibles.
Il faut donc le sortir avant ses 3 mois
pour un risque infectieux minime, par rapport à un risque
maximum
d’avoir un chiot incapable d’aborder sans crainte les sorties
(de ville surtout) faute d’y avoir été familiarisé assez tôt.
Risque encore majoré s’il vient d’un élevage isolé en campagne
sans contact du tout avec les bruits de rue. Sans pour autant
emmener le chiot tout de suite faire ses besoins sur les
trottoirs les plus fréquentés, parce que justement souvent les
plus sales, il y a urgence à le confronter progressivement à
toute situation qu’il sera amené à vivre plus tard (et pour les
mêmes raisons, si le chiot dispose d’un jardin)
Pour en savoir
plus: l'apprentissage
de la propreté
Danièle Mirat
4- Un molosse
doit toujours manger après ses maîtres
C’est mieux en effet, mais le plus important est que le chien
puisse manger en toute tranquillité pour son confort émotionnel
et pour une bonne assimilation de l’aliment.
Préparez les repas de la famille ainsi que la gamelle du chien
en dehors de sa présence.
A ces moments, la cuisine est le lieu de sur-stimulations
pouvant entraîner une grande excitation qui peut nuire à la
bonne digestion (notamment chez les chiens de grandes races
sensibles aux retournements d’estomac).
Faites manger le molosse seul dans une pièce fermée
au besoin, en lui laissant sa gamelle 10mn à ¼ d’h, pour la
ranger dès qu’il a terminé. S’il n’a pas tout absorbé, ne pas
laisser de « restes », mais les ranger pour les resservir au
prochain repas.
Cette consigne est à observer avec rigueur pour
deux raisons :
1)
La nourriture « qui traîne » peut éveiller chez le chien le
souci (légitime) de la défendre au passage de quiconque à
proximité (humain ou autre animal).
2)
Le chien va de lui-même petit à petit, et pour sa bonne santé,
mieux réguler son comportement alimentaire en vidant sa gamelle
dans le temps imparti (à condition que lui soit donné la bonne
quantité -et pas trop- selon son âge et sa condition
physique)
Danièle Mirat Comportementaliste
5- Le chien qui détruit ne se venge pas...
Exact!
Imaginons le chien qui détruit et/ou souille la maison en
l’absence de ses maîtres, en suivant l’idée qu’ainsi « il se
vengerait ». Laissé seul, l’animal se sentirait victime d’une
injustice et il devrait châtier à son tour, pour réparation de
ce préjudice. Quelque chose du genre « tu m’as fait ça ! Alors
moi je vais te faire ça ! Ainsi tu vas comprendre ! »
Le chien est incapable d’organiser un tel plan que seule la
complexité d’un cerveau humain permettrait d’élaborer.
Ainsi, l’animal qui se livre à des destructions ne le fait pas
par vengeance, mais tente maladroitement (en activités
musculaires de grattages ou mordillages) de se libérer de
tensions intérieures (tensions induites par des détresses de
solitude et/ou de mécontentement)
Pour en savoir
plus: Le désir
de vengeance peut-il animer un chien? et
idées reçues
Danièle Mirat
6- Pourtant il
sait qu’il a mal fait, mais il recommence...
Il faudrait que l’animal ait le sentiment d’avoir « commis une
faute » pour se sentir coupable, or il reste étranger à ces
notions humaines du bien et du mal.
Il détale pour se soustraire à la colère du maître en
s’aplatissant en signe de soumission pour l’apaiser.
D’un rapide coup d’œil, l’animal a très bien associé les traits
un tantinet soucieux des maîtres qui scrutent leur intérieur en
rentrant, avec les cris, menaces (et coups parfois) qui en ont
découlés en de précédentes occasions.
Dès lors il a tôt fait de reconnaître ces colères qui s’abattent
sur lui de manière inégale et imprévisible quand ses maîtres
rentrent, et cherche à les calmer avec un comportement du
répertoire social canin.
Les postures de soumission (déclinées en attitudes plus ou moins
marquées, d’aplatissement de l’animal jusqu’au renversement sur
le flanc) étant entre congénères, destinées à signifier un désir
de ne pas entrer en conflit, il n’est donc pas question dans de
telles séquences comportementales, de « demander pardon à
l’autre de ses fautes ! », mais tout simplement de l’inviter au
calme.
Pour en savoir
plus: Le désir
de vengeance peut-il animer un chien? et
idées reçues
Danièle Mirat
7- Si le chiot
fait ses besoins à la maison, il faut mettre lui mettre le nez
dedans...
Ben voyons!!
En ne procédant pas vraiment méthodiquement pour l’acquisition
de la propreté d’un chiot, mais au contraire en allant
successivement de conseils en recettes (bonnes pour certains
profils de chiots mais pas pour d’autres) cela sans constance ni
cohérence, on risque d’échouer dans ce premier et difficile
apprentissage à lui faire faire... surtout si l'on ne cherche
qu'à être répressif, plutôt que persuasif ou à la rigueur
dissuasif .
Mettre le nez d’un chiot dans ses pipis et cacas (ce qui pour
lui n’est pas répugnant donc pas dissuasif !) ne lui
apprendra pas un autre comportement (celui attendu, étant de
savoir se retenir pour aller se soulager dehors plus tard)
Attention de plus au risque de coprophagie chez certains chiots,
qui chercheraient ainsi par peur, à dissimuler leurs propres
selles.
Pour en savoir
plus: l'apprentissage
de la propreté
Danièle Mirat
8- Il faut
secouer un chiot par la peau de cou s’il a fait une bêtise
Sûrement pas!!
Pour un chien, saisir au cou et secouer de droite à gauche,
s’exerce sur une proie pour la démembrer et donc la tuer. Se
livrer à un tel acte sur un chiot est donc une terrible
agression pour lui.
Quant à vouloir l’aplatir au sol en position de soumission, cela
n’est encore qu’une violence puisque dans les codes sociaux
canins, la posture de soumission est le libre choix d’un animal
qui veut signifier sa vulnérabilité et susciter la bienveillance
d’un adversaire qu’il reconnaît comme supérieur (cette posture
servant à désamorcer un conflit)
C’est
donc faire violence que de vouloir mettre un chien par la contrainte
dans cette posture... et un chiot! quelle tristesse!
et dire quand ce conseil est encore donné dans certains milieux...
(!?)
Danièle Mirat
9- Il faut parfois faire preuve de brutalité pour apprendre à
son chien à bien se comporter
Exemples parfois conseillés : initier le « assis » en écrasant
le dos du chien, ou la marche en laisse au pied, avec les fameux
et vigoureux « coups de sonnette » donnés tous les 3 pas, ou le
« pas sauter » à inculquer avec des coups de genoux dans le
poitrail, ou le « pas toucher » avec des coups de laisse sur le
museau...
Et je passe sur les colliers anti-aboiements employés sans
discernement, les boîtes de transport qui servent à enfermer le
chien des journées entières (+ les nuits pourquoi pas !)...
STOP !
Ce ne sont pas tous ces sévices qui apprennent au chien les
« bons » comportements.
S’y prendre le plus tôt est bien sûr le mieux pour que ne
s’installent pas de mauvaises habitudes que l’on voudra ensuite
réprimées.
Dès l’adoption d’un chiot, il est si simple (uniquement en
l’ignorant et en esquivant s’il le faut) de ne pas encourager
ses sauts sur soi quand il « fait la fête ». C’est tout un
modèle pour aborder les humains qui se met en place pour le
petit animal, qui ira ensuite à l’approche de tout le monde sur
ses 4 pattes. S’il s’agite trop, on reste neutre et il
s’apaisera plus vite.
En balade, si l’on ne commence pas par le tirer en laisse pour
le diriger (mais qu’on le stimule de la voix pour l’inciter à
nous suivre) on peut simplement s’immobiliser quand lui-même
tire, et repartir dès qu’il cède.
Quant à ses aboiements, rien ne sert de hurler pour couvrir sa
voix, mais l’attirer vers soi le détournera positivement de
l’objet de son inquiétude.
Bref, être calme et persuasif (parfois dissuasif si nécessaire)
plutôt que répressif, permet au chiot (et au chien plus tard)
d’apprendre ce que l’on attend de lui, ce qui est bien plus
éducatif et plaisant pour tout le monde.
Danièle Mirat
10- Un chien qui fugue, c’est parce qu’il est mal chez lui
C’est plus couramment un chien qui part explorer l’espace qui
lui est offert, soit que le jardin n’est pas clôturé
convenablement (mur trop bas ou grillage mal enterré) soit
qu’une grille ou une porte ferme mal. L’environnement extérieur
est plutôt fort stimulant pour un chien (des congénères qui
passent, des femelles en chaleur dans le voisinage ou les odeurs
de gibiers à proximité en campagne, sont ponctuellement des
appels très puissants !)
Cela dit, certains chiens très confinés justement parce qu’ils
partiraient « se promener » seuls, ou d’autres ne quittant
jamais leur jardin sous prétexte qu’ils ont de la place pour
jouer (!) seraient sûrement très distraits par de bonnes balades
plusieurs fois par semaine (en longe si l’on n’est pas sûr d’un
bon rappel) et ainsi peut-être moins enclins à aller fureter
partout où un passage s’offre à eux.
Danièle Mirat
11- Les conditions de stimulation et développement précoce du
chiot à l’élevage sont très importantes
Le rôle de l’éleveur est prépondérant pour le futur bon
équilibre émotionnel et comportemental du chiot. La richesse en
stimulations de toutes sortes au cours des premières semaines de
vie du petit animal, l’initie à aborder sans stress toutes les
situations qu’il sera susceptible de rencontrer plus tard avec
sa famille humaine.
-
De
quotidiennes manipulations douces et attentives des chiots par
les éleveurs (et même d’autres personnes avec d’élémentaires
précautions d’hygiène) les habituent à considérer positivement
l’humain.
-
Etre admis
un peu dans les lieux d’habitation de l’éleveur, enrichit leur
répertoire d’expériences précoces et les familiarise avec
l’ambiance de vie humaine.
-
Pouvoir
exercer leur motricité sur des aires de jeux simples (type
toboggan) ou aller tous ensembles avec leur mère faire un
petit tour dans la voiture de l’éleveur, ouvre les chiots à
une confiance future face à la nouveauté.
Cette qualité de socialisation des chiots est à privilégier pour
une prochaine acquisition, tout autant qu’une bonne
qualité sanitaire de l’élevage.
Pour en savoir plus:
éthologie du chien
familier
Danièle Mirat
12- Un chien qui a peur de tout est malade
Attention à ne pas confondre pathologie et étrangeté de
comportements d’apparence inexplicables.
Un chien qui peur de tout (des êtres humains, de ses congénères,
des bruits dans la maison et de la ville et son tumulte) n’a
sûrement pas pu profiter des bonnes conditions de développement
précoce décrites dans la question précédente.
Il sera très difficile pour les maîtres d’un tel chien, de le
faire évoluer vers une meilleure tolérance à toutes ces
situations.
Le secours d’un comportementaliste s’impose pour évaluer les
seuils de difficultés d’adaptation de l’animal et ce qui peut
être mis en place dans le quotidien, pour l’aider à acquérir un
peu de confiance et d’aisance dans le monde qui l’entoure.
Danièle Mirat
13- Le chien que l'on a adopté au refuge a peur des hommes (y
compris de son gentil nouveau maître). Il a sûrement été battu
par un homme...
Un chien adopté en refuge a pu être battu par son précédent
propriétaire masculin et en garder plus tard une méfiance
(légitime) pour d’autres hommes.
Mais il est beaucoup plus courant de rencontrer un chien ayant
peur des hommes, simplement par manque de familiarisation très
précoce (à l’élevage) avec des personnes de sexe masculin. Peu
ou pas du tout de contacts plaisants avec un homme dans son très
jeune âge (période sensible où tout manque et expérience néfaste
marquent pour la vie) mais peut-être exclusivement avec une
femme, lui fait ensuite redouter ce qu’il n’a pas connu et
classé comme « ami » dans son catalogue de choses « a
priori bonnes » pour lui.
En respectant la distance que le chien veut mettre dans leurs
rapports, le nouveau maître verra avec du temps, de la patience
et de la douceur, s’estomper la méfiance de son compagnon à 4
pattes, qui petit à petit et de lui-même surmontera sa crainte.
Pour en savoir
plus:
adopter un animal dans un refuge
Danièle Mirat
14- Si un chiot est très craintif dans la rue, il faut le forcer
à aller partout
Forcer un chiot à affronter ce qui l’inquiète ne favorise pas sa
confiance en ses maîtres et le monde qui l’entoure. S’il n’a
connu jusqu’ici que son enclos à la campagne, essayez d’imaginer
son effroi en arrivant sur un trottoir de la ville !
Il va bien sûr falloir l’habituer à toute situation nouvelle et
qui le stress, mais cela doit se faire à son rythme pour qu’il
trouve en lui-même les ressources d’affronter les objets de ses
peurs.
Très progressivement on fera découvrir au chiot des rues
nouvelles, mais en commençant toujours par les plus calmes aux
heures moins fréquentées et tonitruantes. Au fur et à mesure de
moins de méfiance du petit animal, on peut l’exercer à d’autres
lieux plus animés, mais sans forcer ni brûler les étapes car on
ferait plus mal que bien, au risque de le voir perdre le peu de
confiance gagnée les jours précédents.
Le marché le samedi et la gare aux heures de pointe ne sont pas
à envisager avant d’avoir un chien bien paisible dans les rues.
Danièle Mirat
15- A 15 mois notre
chien est encore malpropre. Il est pourtant sorti 4 à 5 fois par
jour (en notre absence il urine sur les meubles, les murs, des
fois il fait même ses gros besoins dans l’entrée)
On m’a dit qu’il
n’y avait plus rien à faire à son âge !
C'est
faux d'abord parce qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre
quelque chose à son chien. Ensuite, parce qu’en l’occurrence les
éliminations ne sont pas des « vidages » mais des « marquages »,
donc sans rapport avec la fréquence des sorties et
l’apprentissage de la propreté (les sorties ne devant pas être
diminuées pour autant !)
Ces marquages (pipis ou mêmes selles bien moulées) des mâles
comme des femelles, sont une des formes de communication entre
canidés. Ce comportement du répertoire social canin que le chien
emploie donc naturellement, est produit de la même manière avec
valeur de message pour le groupe familial dont il fait partie,
qu’il y ait ou pas, un ou plusieurs chiens avec lui à la maison.
Il faut y lire une forme de malaise dans la relation pour
l’animal, qui ne sait pas clairement trouver sa place dans
l’ordre social du groupe d’humain(s) et chien(s).
Un comportementaliste pourra aider à démêler l’écheveau des
incompréhensions mutuelles dans cette cohabitation, pour
réorganiser globalement les relations.
Danièle Mirat
16- Pour qu'un chiot
sache rester seul sans stress, il faut l'ignorer au départ et
retour à la maison
C’est capital en effet de mettre en place cette banalisation des
arrivées et départs de la maison (au retour, on reste neutre
devant les « fêtes » du chiot et ensuite on lui dit bonjour dès
qu’il est calmé... c’est dur, mais c’est une habitude pour son
bien).
Cela ne suffit pas pour autant à initier la tranquillité de
certains chiots en l’absence de leurs maîtres.
Qui dit solitude sans transition, alors qu’il n’a connu que la
rassurante proximité de sa mère, sa fratrie (et ses éleveurs
dans le meilleur des cas d’élevage familial) dit à coup sûr :
détresse du chiot (avec vocalises et mâchouillages divers de son
environnement).
En conséquence, ne pas laisser le chiot seul dès le lundi matin
quand on est allé le chercher à son élevage le samedi, est déjà
l’élémentaire précaution à prendre pour initier sa confiance en
ses maîtres et son nouveau lieu de vie.
Une bonne semaine pour lui faire prendre quelques nouveaux
repères, me paraît un strict minimum.
Dans la journée de temps en temps, on peut déjà laisser le chiot
dormir un peu seul dans une pièce, quand on est dans une autre
et surtout ne pas répondre à ses chouinements. Progressivement,
il va s’habituer à n’être pas que « collé » et constater qu’il
ne se trouve pas « englouti » dans cette solitude.
Ménager de courts moments de jeux (courts pour ne pas engendrer
l’excitation) et interactions dont on est toujours initiateur
(et pas le chiot !) pose les bases d’une relation rassurante
avec les nouveaux maîtres.
L’objectif à atteindre (un chien paisible quand il est seul)
passe par ne pas être constamment en interaction et « collage »
avec l’animal quand on est présent... ce qui est souvent
l’inverse de ce que pratiquent les gens qui s’absentent de
nombreuses heures pour leur travail !
Danièle Mirat
17- Un chien qui saute
pour dire bonjour, il faut lui dire sèchement « non » ! et le
repousser
Cela ne vise pas à l’extinction de ce comportement, et même au
contraire puisque le chien est gratifié de toute l’attention
qu’il demandait (rien que dire NON ! c’est porter attention).
L’agitation du chien est nourrie de toutes les réponses qu’il
reçoit (quelle qu’en soit leur forme !) et se décuple alors même
que l’on cherche à la réduire... !
Anticiper et se soustraire à ses sauts par l’esquive, se
détourner adroitement pour que ses pattes tombent dans le vide,
cela sans lui parler ni le regarder est bien plus productif.
Pour peu que l’on soit constant (avec un chien habitué depuis
longtemps à accueillir de cette façon, au début on peut
remarquer une plus grande agitation insistante), si l’on est
constant donc, on voit petit à petit diminuer puis s’éteindre ce
comportement.
Pour un chien qui fait le même accueil sportif aux visiteurs, on
évite toute cette excitation en gérant l’arrivée des personnes
connues ou inconnues, en dehors de sa présence (en l’isolant
préalablement dans une pièce). Seulement quand il est calmé, on
l’invite à venir participer mais en demandant à chacun de rester
complètement neutre devant toute démonstration de
joie/surprise/peur (il viendra d’ailleurs flairer plus
paisiblement les inconnus).
Pour les habitués qui nourrissaient massivement son agitation en
lui répondant de la voix et du geste (oui !... non ! ça suffit !
etc....) mêmes recommandations que pour vous.
Un nouveau modèle pour entrer en relation avec les humains va se
mettre en place progressivement.
Danièle Mirat
18- Mon chien ne
revient pas au rappel ... douceur, fermeté, récompenses,
punitions... tout, j’ai tout essayé
Vous avez peut-être l’impression d’avoir tout essayé (ou testé)
mais ce que vous n’avez sûrement pas fait, c’est d’envisager les
choses sous l’angle du chien. Je m’explique : rien qu’alterner
les attitudes positives/négatives et manières de procéder, n’est
pas propice à l’acquisition de comportements stables pour
l’animal.
Cela dit, un bon rappel de son chien c’est le résultat de
nombreux facteurs facilitateurs concordants, qui ne sont pas
tous aisément maitrisables :
-
En premier
lieu, des conditions de développement précoce optimum,
conférant au chiot un bon équilibre intérieur, c. à d. ni
peurs démesurées, ni surexcitabilité vis à vis de son
environnement.
-
Ensuite,
une relation aux vertus apaisantes pour le chien, parce que
basée sur la confiance avec au quotidien des règles de vie non
fluctuantes.
-
Enfin bien
sûr le maintien de l’attention et la motivation du jeune
chien, depuis l’exploitation de sa crainte de perdre son
maître en balade quand il n’a que 2 à 4 mois (en jouant à se
cacher pour le rendre attentif) jusqu’à la poursuite d’un
entrainement progressif qui tient compte de tous les éléments
renforçateurs :
-
Commencer
par exercer son conditionnement au rappel à la maison (de
quelques mètres c’est du rappel) puis dehors en zone peu
fréquentée/distrayante pour mieux capter l’attention du chien,
puis en environnement de plus en plus stimulant... mais ne pas
brûler les étapes !
-
toujours
rappeler clairement sur un ton enjoué (« Brutus suivi de :
viens !») en visant les moments de disponibilité du chien
(ex : après un pipi suite à un flairage) On se met en échec en
appelant à tout bout de champ, quand le chien est trop
captivé... ce « bruit de fond » n’a plus de véritable effet !
-
récompenser le retour immédiatement et systématiquement avec
ce qu’il aime le plus (faire le bon choix entre
friandise/caresse/jeu et avec la bonne mesure)
-
Ne pas
faire correspondre mise en laisse = fin de la balade, donc
faire d’abord revenir plusieurs fois en renvoyant jouer, pour
ne rattacher qu’ensuite.
Danièle Mirat
19- Un
comportementaliste n’est pas un « psy » pour chien
Exact!
Le comportementaliste n’agit en effet pas directement sur le
chien lui-même, quand celui-ci présente des comportements gênant
pour ses maîtres au quotidien.
Ce professionnel examine dans la cohabitation de la famille avec
l’animal, ce qui peut conduire ce dernier à des conduites
désordonnées que personne ne s’explique vraiment.
Conditions de vie mal adaptées à une race en particulier,
gestion mal organisée de la sensibilité personnelle du chien,
règles de vie mal établies ou/et polluées par
l’anthropomorphisme et les idées reçues, sont autant d’éléments
que le comportementaliste prend en compte pour déceler l’origine
des comportements altérés de l’animal.
Comprendre son chien et s’en faire comprendre est l’objectif à
faire atteindre aux propriétaires en demande d’aide, pour
restaurer une meilleure communication entre les 2 espèces
(humaine et canine) en présence.
Quel que soit le cas de figure familiale, tous ceux qui
cherchent à mieux comprendre leur chien pour mieux gérer leur
quotidien près de lui avec un minimum de contraintes mutuelles,
peuvent faire appel à ce spécialiste de la bonne intégration de
l’animal dans la famille :
-
Aussi bien
au moment de faire le bon choix d’un chiot et d’organiser sa
meilleure adaptation à la vie de ceux qui l’accueillent
-
Ou si l’on
vient d’adopter un chien dans un refuge, avec son passé
inconnu et possiblement traumatique, pour faciliter sa
nouvelle adaptation
-
Ou bien quand on est dérouté voire débordé devant les
comportements indésirables
autant
qu’inexpliqués de l’animal.
A noter que nombre de comportementalistes sont aussi spécialisés
dans les relations de l’Homme et du chat pour faciliter un peu
plus les cohabitations Homme/Chien/Chat.
Danièle Mirat
20- Un chien peut souvent être jaloux du bébé qui arrive dans la
famille
Jaloux à proprement parlé non, mais le chien peut
se sentir en compétition avec ce nouveau venu, pour tout
l’intérêt que chacun lui porte.
Si le chien a eu l’habitude de recevoir réponse à
toutes ses demandes de caresses, jeux ou sorties, il peut vivre
assez mal de n’être plus le seul centre d’intérêt de ses
maîtres.
Il s’agit de ne pas attendre l’arrivée de bébé
(qui est en soi un grand chambardement dans la vie de tout le
groupe familial) pour redevenir initiateur des échanges sociaux
avec l’animal.
Cette meilleure organisation des relations
influence l’apaisement du chien devant les repères de son
quotidien bousculé, et vient minorer l’inévitable impact de
cette si soudaine (et bien souvent) perturbante nouveauté que
représente pour lui le bébé.
Prévention et sécurisation du quotidien doivent
donc être les préoccupations principales des futurs parents, et
pour être bien menées elles doivent être mises en œuvre
préalablement à la naissance, si nécessaire avec l’aide d’un
comportementaliste.
Pour en savoir
plus: Bébé arrive à la
maison
Danièle Mirat
21-
Un chien peut être un très bon gardien pour un enfant, il n’y a
pas de danger à les laisser seuls ensemble
Certainement
pas!
On ne peut confier la charge de « garder » un
enfant à un animal. Tout chien (quelle que soit sa race) peu
potentiellement représenter un danger, qui s’il n’est pas ignoré
peut parfaitement être contrôlé dans ses risques : rappelons que
les morsures d'enfant par des chiens représentent 2 % des
accidents domestiques. C’est à la fois peu, mais hélas toujours
trop !
En conséquence, on veillera à ne jamais laisser un
(ou plusieurs) enfant (s) seul(s) avec un (ou plusieurs)
chien(s), même très sociable(s). Par maladresse, l’enfant peut
faire mal ou faire peur au chien le plus placide et soulever sa
vive réaction défensive.
Pour sécuriser les relations au quotidien, un
chien n’ayant pas à supporter les tyrannies enfantines qui
peuvent mal finir, on mettra donc vite bon ordre à toute
agitation trop bruyante (cris, combats, courses et poursuites
des enfants entre eux ou avec le chien sont à modérer
absolument, idem pour les câlins et bisous vécus souvent comme
contraintes par l’animal)
Très tôt, on apprendra à l’enfant que l’on ne va
jamais déranger un chien qui mange ou qui se repose dans son
panier (aussi bien chez soi que chez la famille et les amis).
Qu’un chien mis à l’attache chez soi, des amis ou devant une
boutique par exemple ne doit pas être approché pour le caresser.
Et pour les chiens rencontrés en balade (tenus en laisse ou non)
on conseillera à l’enfant de ne jamais aller leur faire une
caresse sans avoir d’abord demandé la permission à ses maîtres.
Danièle Mirat
22-
Un jeune chien c’est beaucoup de temps et de patience pour en
faire un chien bien équilibré
Un chiot est réactif, spontané, curieux. De
nombreux mois durant, surtout pour des grandes races de molosses
à maturité tardive, il se montre d’un naturel distrait,
maladroit, inconstant et étourdi.
C’est toute la fougue de sa jeunesse qui a besoin
d’être canalisée, pour que le jeune chien puisse devenir ce
compagnon agréable qui sait ce que l’on attend de lui.
Comment saura-t-il bien se comporter en famille et
en société, sans la disponibilité et les qualités d’indulgence,
d’adresse, de patience et de constance de ses maîtres ?
-
Disponibilité : parce qu’un chiot n’apprend rien quand il est
laissé seul et inactif des journées entière !
-
Adresse :
parce que si l’on ne sait pas bien apprendre à son chiot, il
n’en sera pas responsable !
-
Indulgence et
patience : parce que l’on ne peut jamais exiger d’un jeune
chien qu’il fasse bien du premier coup !
-
Constance :
car si l’on n’est pas capable soi-même de cette qualité,
comment l’exiger d’un chien immature et en quête de repères !
Initier d’abord la confiance et devenir de
parfaits instructeurs, sont donc les deux premières tâches du
nouvel acquéreur d’un chien, pour que celui-ci puisse apprendre
petit à petit à adapter ses comportements à la vie quotidienne
des humains.
Danièle Mirat
23-
Si un chien harcèle trop pour jouer à la balle, on doit le
repousser
En tout cas si l’on souhaite viser à l’extinction
de ce comportement, je conseillerai de ne pas repousser le chien
qui vient solliciter avec un jouet.
Le repousser (comme toute autre forme de réponse
affirmative ou même négative, du regard ou de la voix !) ne fait
que retarder le moment où le chien viendra à nouveau demander de
l’attention sur lui. Parce que c’est bien de l’attention qu’il
réclame (en s’immisçant sans vergogne dans les activités ou le
repos de ses propriétaires) ne le gratifions surtout pas d’une
réponse !
En restant neutre (pas un regard, pas un mot, pas
un geste envers lui) on lui signifie clairement que l’on n’est
pas de ceux qui vont répondre à ses initiatives. Si la
neutralité est constante devant toute forme de sollicitation du
chien, après une phase de forte insistance de sa part (normal !
avant ça répondait toujours !) on voit progressivement
s’éteindre ses comportements de quête perpétuelle d’attention. A
ses maîtres d’initier jeux, sorties, caresses quand le chien
n’est plus dans la demande et je garantis ses promptes
réponses... appelons ça alors « l’obéissance » si l’on veut !
Danièle Mirat
24-
Notre jeune femelle molosse (13 mois) fait pipi de joie à
l’accueil des visiteurs (comme au nôtre aussi !) C’est très
embêtant... il n’y a rien à faire pour l’en empêcher !
L’objectif n’est pas là « d’empêcher », mais il y
a toujours à faire pour aider un chien à mieux gérer ses
émotions (les pipis de joie étant le fait des "très émotifs")
Rester neutre*, c'est-à-dire ne pas prêter
attention et ne pas répondre au chien qui s’agite à l’accueil,
participe à ne pas sur-développer l'émotion de l’animal, mais au
contraire à la tempérer. Le chien n'en est pas vexé, il ne
"pense" pas que "qu’on ne l'aime plus" (ce qui serait le cas
d'un humain !), mais on le protège de la trop grande émotion qui
le submerge et qu'il ne sait plus gérer, jusqu'à n'avoir plus la
maîtrise sphinctérienne.
Petit à petit les démonstrations de joie de
l’animal sont de moins en moins débordantes, c'est le cas de le
dire ! et le chien peut mieux se contenir. Une fois qu’il est
calmé, on peut l’inviter à venir vers soi pour des caresses
amicales jamais "débordantes" non plus ! pour lui dire un petit
bonjour raisonnable (sinon ça risque de ré-emballer la machine !
* Rester neutre : c’est ne pas regardez le chien,
ne pas lui parler (les sois-sage, tiens-toi tranquille, etc...
nourrissent maladroitement l'émotion/agitation du chien !) et ne
pas le repousser, mais juste esquiver ses sauts (les contacts
nourrissent aussi l'agitation)
Danièle Mirat
25-
On dit que faire castrer un chien « grognon » avec ses maîtres
ou leurs visiteurs, ça n’est pas une solution
Exact!
La castration d’un chien n’est pas une solution
face aux difficultés relationnelles qu’il peut avoir avec son
entourage familial (ou les visiteurs, parents, amis ou
autres...)
C’est une solution dans les cas de compétition
sexuelle entre congénères, mais pas pour les situations de
simples échanges sociaux avec d’autres individus qu’ils soient
de sa propre espèce ou de l’espèce humaine.
Cela dit, un chien qui grogne face à ses maîtres
(ou les visiteurs) vit quelque chose qui l'inconforte, qu'il ne
comprend pas et/ou qui lui fait peur, et cela ne doit jamais
être ignoré ou banalisé, mais rapidement identifié et compris.
Grogner, c'est menacer pour faire cesser (c’est
donc prévenir) et si l'on ne respecte pas la menace, le chien
finira par la mettre à exécution... c'est à dire peut-être
mordre ! On lui apprendrait au passage que menacer ne sert à
rien (puisque cela ne fait pas cesser ce qui l’inconforte) et il
en viendrait à mordre directement sans plus prévenir.
Plutôt que s’indigner de la conduite (certes
inacceptable !) du chien, il s’agit de rapidement chercher à
s’expliquer ce qui peut le motiver, en faisant appel à un
comportementaliste.
Plus tôt on recourra à ses services, plus vite on
pourra comprendre, réorganiser et sécuriser la relation avec le
chien.
Danièle Mirat
26- Nos animaux peuvent aussi
profiter des bienfaits de plantes
Exact!
Utiliser les plantes médicinales est sans doute la plus vieille
médecine du monde, et peut-être la forme encore la plus répandue
sur notre planète aujourd’hui.
Basée sur un savoir empirique transmis et nourri au long des
générations, cette pratique millénaire est de nos jours enrichie
des recherches et découvertes faites par la science actuelle.
L’OMS et la Communauté européenne elles-mêmes, ont créé des
organismes visant à recenser les usages traditionnels des
plantes médicinales, à les valider sur le plan scientifique et à
mieux comprendre leurs mécanismes sous-jacents.
C’est ainsi que la phytothérapie peut aujourd’hui s’appuyer, à
la fois sur la sagesse traditionnelle et sur les avancées des
recherches de la médecine moderne.
Alors si la phytothérapie est bonne pour nous, pourquoi ne pas
appeler aussi les plantes à la rescousse pour soulager nos
compagnons à 4 pattes, chiens ou chats... !?
L’approche comportementaliste ne propose pas de dresser* ou de
médicaliser**, mais d’orienter la recherche de l'origine d'un
comportement altéré d’un chien ou d’un chat, dans son
environnement de vie familiale, possiblement générateur de
tensions pour lui.
S’ensuit généralement une nécessaire réorganisation des rapports
du quotidien avec l’animal (certains parlent pompeusement de
thérapie comportementale) pour voir le chien ou le chat produire
des comportements bien moins inadaptés que les malpropretés,
agressivités, destructions ou autres vocalisations qui rendaient
la vie de ses maîtres si difficile.
Au long de ce parcours de réorganisation relationnelle, je suis
la première à constater les bienfaits de certains complexes
phytothérapiques qui viennent en soutien, et apportent
une aide précieuse pour soulager en douceur (et en profondeur)
l’organisme d’un animal stressé, agité ou simplement un peu
désorienté.
Et parce que prévenir est bien mieux que guérir, pourquoi
refuser à nos animaux de compagnie, en appoint ou en cures, la
protection ou le soulagement qu’offrent les plantes ou
substances naturelles, pour leurs vieux jours, leurs
articulations douloureuses, leur mal des transports et autres
petits tracas de santé...ils le valent bien, non ?
D’autant que parmi les meilleurs avantages reconnus des plantes
médicinales d’usage courant, on sait qu’elles ne provoquent que
très peu (voire aucun) effet indésirable. Alors pourquoi ne pas
les faire essayer à nos chiens et nos chats ?
*Même si cela peut s’avérer productif suivant les cas
**
Même si cela peut s’avérer nécessaire et bénéfique suivant les
Danièle Mirat
27- Un molosse doit
impérativement manger dans le calme
Exact!
Beaucoup de molosse de grandes races sont plus que sensibles,
voire prédisposés à la torsion d’estomac.
Quel humain n’a pas connu des difficultés à bien gérer (on
dit : digérer) ses repas, s’ils sont pris dans des conditions de
précipitation, d’agitation, de contraintes et contrariétés
environnantes... ?
Pour les molosses aussi (dont l’organisme au niveau de
l’appareil digestif semble présenter quelque
sensibilité/fragilité fonctionnelle) la composante
émotionnelle est loin d’être négligeable dans l’activité de
s’alimenter.
Minorer les contraintes et tensions diverses dans le
quotidien de l’animal, est donc l’élémentaire précaution à
prendre, principalement autour de sa prise d’aliment.
Par prévention, le calme avant et après les repas est
aussi important que nourrir le molosse seul et tranquille dans
une pièce sans va-et-vient autour de lui (attention aux
enfants). On lui laisse sa gamelle (à bonne hauteur) pendant 10
à 12 mn, et s’il n’a pas tout absorbé on range impérativement
les restes pour les resservir au prochain repas (la nourriture
qui traîne s’altère, même les croquettes) Avec plusieurs chiens,
il est souvent préférable pour la tranquillité émotionnelle de
chacun, de les nourrir séparément.
A noter pour les plus sensibles, qu’il n’est rien de
plus stressant que des maîtres qui donnent et retirent
« exprès » la gamelle, ou pire même, mettent les mains dedans
pour « montrer qui est le maître ! ». Avec s’il le faut des
brutalités physiques à la clé si le molosse venait à défendre
(en grondant) ce qu’il a sagement attendu et qu’on vient de lui
donner !
Ces conseils d’autoritarisme d’un autre âge (retenus dans de
mauvaises lectures) et basant les relations sur la crainte et la
contrainte physique sont bien sûr à proscrire.
Le premier respect que nous devons à un animal, est celui de le
nourrir dans les meilleures conditions pour sa bonne santé
émotionnelle et physiologique, et les contraintes à ce niveau ne
font assurément pas partie de ces meilleures conditions !
Danièle Mirat
28- "Chien
à problème" = faute des maîtres
Inexact!
D’abord parce qu’une affirmation aussi abusive (et
culpabilisante !) que celle-ci, n’a pas d’autre résultat plus
pernicieux que de conduire beaucoup de personnes à abandonner un
animal, avec lequel ils ne sont pas parvenus à cohabiter
harmonieusement.
Ensuite, parce que l’examen minutieux de situations de
difficultés avec chien, montre que les propriétaires avec leurs
erreurs éducatives, sont loin d’être seuls responsables des
problèmes qu’ils rencontrent avec leur animal. Des éleveurs,
vétérinaires, dresseurs/éducateurs et comportementalistes
peuvent en avoir leur part.
1°) Les conditions de développement précoce du chien à
l’élevage, comptent beaucoup dans sa future bonne (ou non)
intégration/adaptation à la vie en société. Une médiocre
imprégnation et socialisation aux deux espèces humaine et
canine, ne prépare vraiment pas un chiot à une facile adaptation
chez ses futurs maîtres.
2°) La soigneuse orientation que donne les éleveurs au
placement de leurs chiots, en veillant à la meilleure adéquation
entre attentes de leurs clients et besoins élémentaires de la
race qu’ils élèvent, compte aussi énormément.
L’exemple classique des personnes « craquant » pour un sujet
d’une race devenue soudain très mode, et se retrouvant
incapables de satisfaire le grand besoin d’exercice physique
d’un animal choisi uniquement sur son aspect physique, est très
courant.
L’animal en question souffrant de trop d’enfermement,
l’exprime alors par nombre de comportements de destructions,
aboiements ou/et agitations, dont on vient à se demander la
cause.
Bien mis en garde, voire dissuadés de porter leur choix sur
cette race, aurait peut-être pu éviter à ses maîtres-là... ces
« fautes-là »...
3°) La bonne réactivité du premier professionnel consulté
(éleveur, vétérinaire, éducateur, toiletteur, etc...) par les
propriétaires en difficultés avec leur chien, prend également
une large part dans la forme que va prendre la suite des
évènements.
C’est aux différents professionnels de savoir au mieux ce qui
relève directement des compétences des autres, pour si
nécessaire, rapidement réorienter vers celui qui sera plus à
même d’aider le maître débordé par son chien.
Tous n’ont pas cette attitude responsable (et courageuse),
avec pour conséquence de conduire à l’aggravation des problèmes,
en voulant se charger eux-mêmes de situations qui relèvent de
compétences qui ne sont pas les leurs (qui peut bien se dire
spécialiste en tout!?)
En conclusion, rien n’est jamais complètement « faute » de
l’un et jamais des autres, et "Chien à problème" = sûrement
responsabilités collectives de maîtres et de professionnels
réunis.
Danièle Mirat
29- Un chien (mâle ou femelle)
qui veut chevaucher (grimper) tout le monde n’est pas un obsédé
Vrai
Les canidés
sont actifs sexuellement quand ils sont motivés par l’instinct
de reproduction et seulement aux 2 périodes annuelles de
chaleurs des femelles. Les mâles sont alors fortement stimulés
par les odeurs particulières qu’elles dégagent. La recherche
mutuelle d’accouplement est alors légitime et commandée pour la
survie de l’espèce.
En dehors
des périodes d’œstrus des femelles, on observe souvent chez les
canidés ces chevauchements qui ont alors valeur sociale.
Les chiots
s’exercent très jeunes et bien avant leur maturité sexuelle
(preuve s’il en faut qu’il s’agit d’un comportement social) à
des chevauchements accompagnés de mouvements pelviens sur les
membres de leur fratrie.
Le chien
pubère ou adulte qui a tendance à vouloir chevaucher ses
congénères (mâles ou femelles), les humains petits ou grands et
pourquoi pas le chat ! ne « parle » donc pas sexuel mais social.
Nullement
« obsédé de la chose » ou « homosexuel » il mime l’accouplement
sans que l’enjeu de ce comportement soit la sexualité, mais bien
une volonté d’asseoir son autorité sur l’autre.
Tout
congénère qui ne serait pas d’accord pour se laisser imposer
cette supériorité sait toujours le faire savoir à l’effronté,
mais s’il (ou elle) laisse faire, c’est alors qu’il (ou elle)
accepte ce pouvoir de l’autre.
Entre eux au
moins, le message est clair ! mais il l’est moins avec les
humains qui interprètent faussement ce message comme sexuel,
en y opposant généralement une réponse inappropriée, vu que le
message a été mal perçu.
Parce que
ces conduites sont donc éléments de communication sociale, pour
les voir s’atténuer et disparaître, le comportementaliste aidera
à réorganiser l’ensemble des rapports entretenus avec le chien,
sans qu’il soit question de dressage ou médicalisation de
l’animal en ces circonstances.
Danièle Mirat
30- Un chien obéit pour faire
plaisir à son maître
Si un chien
obéit pour faire plaisir à son maître, alors lui désobéit-il
pour « l’embêter » ?
La réalité
canine est sans doute un peu autre, et le chien n’obéit pas
exactement pour faire plaisir à son maître, mais plutôt pour
le plaisir que lui procure un maître très reconnaissant et
gratifiant, quand il est lui-même satisfait.
De même, le
chien ne désobéit pas pour « embêter » son maître, mais plutôt
parce que celui-ci n’aura pas su assez le motiver, en lui
montrant qu’il pouvait être agréable de lui être attentif !
Le chien
apprend par l’association d’évènements/actions et de ressentis
(plaisir ou désagrément) qui les accompagnent.
S’il a
retiré du plaisir dans une action, le chien renouvellera
facilement l’expérience, surtout si la satisfaction est chaque
fois à la clé... joie et coopération animent alors l’animal
(appelons cela obéissance si vous y tenez !)
A l’inverse
s’il retire du désagrément, le chien va légitimement négliger,
éviter ou même résister devant ce qui lui aura déjà été
déplaisant, et la crainte, voire peut-être même l’agressivité
peuvent alors le soulever.
A retenir
donc : situation vécue par le chien = sensation agréable ou
désagréable. Il mémorisera et reproduira facilement les
actions qui lui auront procuré du bien-être et évitera les
autres (pas bête! non?...)
Bref un
chien qui retire du plaisir à ce qu’il fait avec son maître,
suscite la satisfaction de ce denier, qui devient enclin à
chaudement féliciter/gratifier son chien, qui lui-même en retire
beaucoup de plaisir ! et la boucle est bouclée.
En
conclusion, soyons facilitateurs et gratifiants quand notre
chien fait ce que nous attendons de lui (même si c'est une
"petite chose")
Danièle Mirat
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