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Texte publié dans le magazine Atout Chien n° 247 de Septembre 2006
«J'aboie...
donc, je suis!»
Il est commun d’entendre dire qu’un chien qui aboie est un bon
gardien...
C’est parfois vrai, mais parfois faux aussi. Cette affirmation
vaut bien que l’on s’y attarde, car de l’utile au nuisible, les
aboiements d’un chien ont tôt fait de devenir un comportement
problématique pour ses maîtres et son entourage.
En
plus de ses moyens de communications gestuelles (et donc
silencieuses) le chien dispose de moyens sonores pour exprimer
ses émotions et ses intentions. Large gamme d’expressions
vocales allant du gémissement au grognement, en passant par
l’aboiement et le hurlement, le tout en diverses modulations.
L’animal qui n’aboie pas de façon intempestive au moindre bruit
ou passage et qui se tempère vite, jouit d’un bon équilibre
émotionnel et peut représenter le type même du bon gardien.
A
l’opposé celui qui aboie au moindre bruit ou « pour un rien »
(de l’avis des maîtres et de l’entourage, mais pas du chien !)
et que l’on a bien du mal à faire taire, affiche une inquiétude
manifeste que ses propriétaires ne sont pas parvenus à apaiser
et contrôler.
Dissuader l’intrus et prévenir d’une arrivée
Utile est l’aboiement par lequel le chien prévient et attire
l’attention sur ce qui survient. Cette sorte de « qui va là !? »
est une communication sociale destinée au groupe familial comme
à l’individu qui passe ou surgit, et c’est ce qui peut faire
apprécier le chien comme gardien.
Ce
mode de communication est normal et essentiel pour le chien,
sachant que c’est l’Homme en le domestiquant qui a sur-développé
et exploité cette disposition à l’aboiement. Un canidé sauvage
usant bien peu de ce moyen de communication très sonore, pour
n’être pas repéré de ses proies (!) ou d’un possible autre
prédateur.
Mais un chien
n’aboie pas que pour prévenir et peut vocaliser bruyamment dans
bien des circonstances, ni spécialement opportunes, ni
facilement contrôlables (et qui ne sont pas l’objet de cet
article, mais d'un autre:
ceux de la
détresse de solitude)
Résultat : entre
aboiements appréciés par les uns et aboiements nuisance pour les
autres, la loi doit parfois trancher pour faire respecter la
légitime tranquillité de tous.
Pour ne pas en
arriver là et cohabiter avec un chien qui aboie seulement à bon
escient, la tâche est ardue pour le chien comme pour ses
maîtres.
Cela doit
s’organiser de préférence dès le plus jeune âge de l’animal, ou
se réorganiser avec un comportementaliste, si l’aboyeur est trop
« bavard », et dérange ses propriétaires et/ou le voisinage.
Dès l’élevage
Les
chiots en contact avec des congénères adultes agités et aboyeurs
sont en quelque sorte « préparés » à être agités et aboyeurs
aussi par imitation.
Aller visiter les élevages prend ici tout son sens, pour plutôt
faire l’acquisition d’un chiot équilibré chez un éleveur où
règne une meilleure ambiance.
Charge ensuite à l’acquéreur de ne pas induire ou/et encourager
le comportement d’aboiement de son chiot, car c’est au long des
premières expériences de vie avec sa famille qu’il apprend à
vocaliser en fonction de son environnement.
Dès l’acquisition
Tempérer tout de suite les premiers aboiements du chiot dès
qu’on sonne à la porte ou que le téléphone retentit, se fait
principalement en restant soi-même très calme (sans crier pour
faire taire le chiot, en courant pour ouvrir ou répondre par
exemple !)
Les
maîtres agités et bruyants ont souvent des aboyeurs.
Dès
que le jeune animal passe de l’agitation à l’excitation, rompre
l’interaction (en se détournant ou en s’isolant) sont les plus
forts moyens de le voir se calmer rapidement, sans nourrir
maladroitement son énervement (qui pourrait s’accompagner
d’aboiements) avec des ordres lancés en tous sens.
Ou
encore, proposer au chiot de venir vers soi pour une friandise
ou un jouet, est dans certaines circonstances un bon moyen de le
détourner rapidement de ses velléités d’aboyer.
Autant de manières de réagir et gérer ces diverses
circonstances, qui conduiront progressivement le jeune animal à
savoir mieux se contrôler lui-même dans le quotidien de son
environnement familial.
Ne
pas induire ou encourager maladroitement les aboiements du chiot
n’a pas toujours été facile, et l’on peut se voir aujourd’hui
débordé.
Exemple: au passage d’un congénère derrière la clôture du
jardin, ou à l’arrivée d’une personne étrangère derrière le
portail ou la porte de l’appartement, l’habitude était plutôt de
réagir en donnant soi-même de la voix sur les aboiements du
chien (à coups de « silence ! » et de « tais-toi ! » de + en +
sonores, ce qui n’a pas conduit à l’apaisement de l’animal que
le maître accompagnait maladroitement dans ce concert à deux.
Les possibles solutions sont aussi nombreuses que
les cas de figure :
-
Installer des pare-vue le long de clôtures suffit parfois à
diminuer considérablement les aboiements d’un chien moins
stimulé au niveau visuel.
-
Limiter ou barrer (si possible) l’accès à la porte d’entrée de
l’appartement derrière laquelle les résidents de l’immeuble
vont et viennent parfois bruyamment, soulage le chien un peu
moins « en direct » avec ce qui l’inquiète.
-
Ou bien, sans hurler sur son chien, prendre plutôt l’habitude
de lui montrer que l’on tient compte de son signal, en se
dirigeant un peu vers lui et le lieu de son inquiétude. C’est
une façon de lui indiquer que l’on se charge du problème, tout
en l’invitant à revenir près de soi pour l’éloigner de la
clôture ou de la porte, et le rediriger vers l’intérieur de la
maison. Cela permet (certes, à moyen/long terme) de limiter
les aboiements du chien dans ce type de circonstances, et
progressivement : moins besoin de se déplacer, ne reste plus
qu’à rappeler vers soi.
-
Prendre soin de ne pas laisser le chien aboyeur présider à
l’accueil des visiteurs en l’isolant d’abord dans une pièce,
permet d’organiser une entrée plus calme (à la condition
préalable d’avoir habitué l’animal à passer des petits moments
de solitude dans cette même pièce, sans aboyer !)
Quant au collier anti-aboiement il ne devrait
être utilisé que dans les cas les plus extrêmes, et avec l’aide
du comportementaliste (dans le seul but que cet outil puisse
être éducatif et pas seulement punitif)
(mon avis sur ce type de matériel:
Question
d'un internaute:
"Mon chien aboie...que
me conseillez-vous: collier anti-aboiements électrique ? à la
citronnelle...?")
Et ne pas
oublier!
Inutile de hurler pour que le chien obéisse (!)... il entend
très bien.
Son
ouïe est bien plus performante que la nôtre. Il entend plus
vite, plus de choses et avec une plus grande faculté de
discerner un son au milieu d’autres.
C’est cette grande sensibilité auditive qui le fait réagir
douloureusement plus tôt que nous, face à des bruits de sirènes
ou de tonnerre par exemple.
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Danièle Mirat
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