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Texte publié dans le magazine Rottweiler News n° 1 de Septembre/octobre 2006
«Les
Rottweilers... chiens dangereux ?»
Cette question qui devient vite une affirmation populaire, est
aussi vraie que fausse... !
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Vraie : parce que les Rottweilers sont des chiens, et
que tout chien peut représenter un danger potentiel.
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Fausse : parce que l’on ne peut considérer TOUS les
chiens d’une même race comme dangereux, sous le prétexte que
quelques-uns parmi eux, le sont.
Confondre tous les individus d’un groupe, ne plus voir chacun
avec sa personnalité et ses caractéristiques propres est un
réflexe pernicieux. Il conduit à des abus de langage et de
conduite, ou même jusqu’au vote de loi abusive.
Un Rottweiler peut sûrement être considéré comme potentiellement
dangereux (comme tout chien de puissante morphologie) si tout
n’a pas été mis en œuvre dès son plus jeune âge, pour le
préparer à la vie en société.
Éleveurs sérieux et acquéreurs exigeants peuvent donc s’entendre
sur ce point, pour que la race qu’ils apprécient ne soit pas
celle qui défraie la chronique, en ne vendant pas à n’importe
qui pour les uns, et n’achetant pas n’importe quoi pour les
autres. Et c’est aux pouvoirs publics de s’attaquer aux trafics
de chiens sans origine et à ceux qui ensuite, font usage de
chiens-armes.
Pour minorer les risques de conduites agressives
Un Rottweiler équilibré, c'est-à-dire sans peurs démesurées ni
surexcitabilité vis à vis de son environnement, est le résultat
des divers façonnements successifs dont il a été l’objet, depuis
son plus jeune âge à l’élevage et jusqu’à sa maturité.
Les efforts conjugués des éleveurs et des acquéreurs, aidés par
les différents professionnels que sont les vétérinaires, les
comportementalistes et les éducateurs canins, sont parfaitement
capables de limiter au maximum les risques de conduites
agressives d’un molosse, dont les morsures causent les plus
graves lésions.
La peur, la douleur, la surprise, une
expérience antérieure traumatique, une mauvaise
organisation des relations avec ses maîtres… sont autant de
raisons (parfois ajoutées) pouvant conduire un chien à mordre.
Et puisque tout le monde est concerné, cherchons à prévenir...
La prévention, c’est en 3 points :
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Assurer au chiot de bonnes conditions de développement
précoce à l’élevage, avec une soigneuse socialisation aux 2
espèces (canine et humaine).
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Dès l’acquisition du chiot, charge est à ses propriétaires de
poursuivre, étendre et renforcer cette socialisation entamée à
l’élevage, et jusqu’à la maturité du Rott (environ 2 ans)
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Offrir au chien des conditions de vie respectueuses des
besoins propres à son espèce, le tout avec un constant souci
d’observation de la loi de 1999 (même si l’on ne la considère
pas pertinente... !)
Socialisation à sa propre espèce
Une mère équilibrée qui vit dans un élevage où les reproducteurs
cohabitent paisiblement, fait faire à ses petits en interaction
avec elle (si sa portée lui est laissée minimum 8 pleines
semaines) les premiers acquis des rituels de salutations, de
soumission, de dominance, d’invitation au jeu, avec l’auto
contrôle de leur énergie et l’inhibition de leur morsure. A
l’inverse, une génitrice peu sociable, anxieuse et peureuse
éduquera mal ses chiots.
Les petits apprennent aussi à communiquer « chien »
pacifiquement, en évoluant chez l’éleveur avec des congénères
adultes qui s’apprécient (ou même en les regardant évoluer). Ils
se familiarisent avec les postures, les mimiques, les vocalises
régissant la communication.
Inversement, en contact avec des congénères adultes agités,
aboyeurs ou en conflits permanents, les chiots sont en quelque
sorte « préparés » à être agités et aboyeurs aussi, mordilleurs
à l’excès et potentiellement agressifs.
Le « modèle » que représentent ces manières d’être en relation
entre chiens, façonne des timides plus émotifs, des déterminés
encore plus dominants, des agités encore plus difficiles à
contrôler.
Faute donc d’une bonne socialisation à ses congénères, un chiot
Rott sera mal assuré avec eux, ou certains d’entre eux,
notamment ceux de morphologies différentes de la sienne. Ne
sachant pas bien communiquer avec les chiens, il les agressera
par peur ou se fera agresser lui-même par sa méconnaissance des
codes sociaux canins.
Socialisation aux humains
Une bonne qualité des échanges sociaux entre les éleveurs et
leurs chiens, retentit positivement sur les chiots, qui tels les
adultes reproducteurs, seront naturellement confiants dans
l’être humain. Cette une parfaite socialisation des chiots à
l’espèce humaine qui se prépare, si tous les contacts et soins
des personnes qui les entourent, sont respectueux des petits.
Plus tard, ceux-ci seront prêts à des rencontres aisées avec
d’autres êtres humains, qui a priori ne seront pas à redouter.
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A l’inverse faute de cette bonne imprégnation, le chiot
craindra les humains (ou certains profils d’entre eux) et
voudra les éviter ou limiter leur approche voire même la
repousser (avec des menaces type grognements ou
aboiements, suivies de morsures si ses menaces ne font pas
reculer).
Les enfants en particulier, sont un des profils humains
auquel tout chiot Rott doit absolument être familiarisé
dès son plus jeune âge (entre sa 3è et sa 10è semaine).
Proposer de temps en temps à l’élevage, la proximité de
bambins d’âges différents, habitue les chiots aux
gestuelles et vocalises enfantines qui ne l’effrayeront
pas, quand il en rencontrera plus tard dans sa famille ou
dans la rue.
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Inko
Wom Schloss Raubritter avec Steve |
L’élevage en très grand nombre et en boxes isolés ne permet pas
une socialisation optimum aux congénères comme aux humains. Donc
pour partir du bon pied, pas question d’acheter un petit Rott
sans aller s’enquérir sur place, de toutes les bonnes conditions
de développement précoce.
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String'l Vom Schloss
Raubritter avec des enfants (et bien sûr la présence des
parents!)
Visitez son site |
Renforcer les acquis
Dès l’acquisition du chiot, charge est aux acquéreurs de
parfaire sa socialisation entamée à l’élevage, et ce
jusqu’à l’âge adulte.
La confrontation précoce et progressive avec la vie
urbaine, les rencontres de congénères avec ou sans laisse
et d’humains petits et grands, à pied, à vélo ou autre,
familiarise le chiot à tout ce qui petit à petit va
devenir son ordinaire.
C’est surtout la nouveauté qui fait peur et qui peut faire
réagir un chien agressivement.
C’est donc dans des rencontres positives avec le plus
grand registre racial possible (humain et canin) que l’on
prépare son petit Rott à une meilleure tolérance future,
vis-à-vis des situations les plus diverses et singulières. |
Cohabitation et respect de la loi
Un Rott (comme tout chien d’ailleurs) a besoin de règles de vie
pour cohabiter avec ses maîtres, et la plus élémentaire étant
sûrement d’être à l’initiative de toute interaction avec lui.
Si ce chien peut recevoir réponse à ses propres demandes (de
caresses, de jeux ou de sorties), je doute qu’il soit facile
d’obtenir ensuite (et cohérent d’exiger !) réponse de sa part
aux ordres de ses propriétaires. La mise en place précoce de la
bonne manière de conduire la relation avec un tel chien, augure
de son équilibre psychique et comportemental et de sa fiabilité
en général.
Minorer les tensions relationnelles et contraintes sur le chien,
sont les objectifs du comportementaliste pour ceux qui ne
veulent pas seulement dresser leur animal.
Autre élémentaire règle avec un Rott, est celle de respecter la
loi telle qu’elle est.
L’obligation de tenir en laisse et museler ce chien en promenade
dans les lieux public doit être respectée par tous, pour ne pas
prêter le flanc aux détracteurs de la race. Cette loi est ainsi,
on la connaît avant d’acquérir un tel chien, et ne pas en
respecter les termes retentit négativement sur tous les
propriétaires sérieux et responsables.
Pour les mêmes raisons, la possession d’un Rott oblige à
clôturer sérieusement chez soi (si l’on dispose d’un jardin).
Pas de divagation, ainsi pas de risque que n’importe qui dans la
rue, fasse n’importe quoi avec le chien !
Pour le bonheur du Rott, il ne peut pas y avoir d’éleveurs
« amateurs » pas plus qu’il ne peut y avoir d’acquéreurs
« amateurs »... et qu’on se le dise !
Danièle Mirat
Voir
aussi: les conduites agressives liées à la nourriture
Voir
aussi: Bonheur des uns, cauchemar des autres: les balades avec un
molosse
Voir aussi: Qui a
mordu... mordra?
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