Texte publié dans le magazine "Atout Chien" n° 228
de février 2005
« Un temps de chien, un froid de chien! »…
Le sens de l’expression « il fait un temps ou un
froid de chien » n’échappe à personne.
Nous savons tous que ce
temps dont il est question est évidemment mauvais !
Puisque le mot – chien – ajoute une valeur dépréciative à tout
mot auquel il est associé.
Dans cette rubrique j’ai pris l’habitude de le
déplorer, jusqu’à ce qu’un jour la tendance s’inverse et que
dans le langage moderne le mot – chien – valorise et rehausse
au lieu d’être péjoratif.
Notons au passage, que « froid de chien » est
souvent remplacé par « froid de canard », mais qu’alors – de
canard - n’étant pas forcément mauvais, l’expression
désigne plutôt un froid très vif et bon pour la chasse au
canard… bref dans ce cas, rien là de mauvais, nuisible ou
épouvantable… sauf sûrement pour les canards !!
Ce « temps de chien » qui est donc un très mauvais
temps, se voit d’une valeur encore un peu plus péjorative dans
« il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors » ! Puisque
si l’on pense ne même pas pouvoir mettre dehors un être supposé
d’aussi peu de valeur, ces conditions météorologiques ne seront
vraiment pas acceptables pour un être humain.
J’aimerais assez prendre cette vieille expression
au pied de la lettre, et rendre à nos compagnons d’aujourd’hui
le respect que nous leur devons.
Nos chiens, pour un très grand nombre d’entre eux,
vivent au chaud douillet de nos maisons ou appartements et
peuvent souffrir des conditions climatiques parfois difficiles
de l’hiver.
Il me paraît donc élémentaire de ne pas les sortir
par ces « temps de chien », sans prendre quelques précautions
dans ce passage brutal du chaud de la maison au froid de la rue.
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De ce point de vue, toutes les races ne sont pas
logées à la même enseigne, suivant qu’elles sont à poils courts
ou longs, avec ou sans sous poils, nécessitant ou non l’art du
toilettage.
Il m’arrive de croiser sur les trottoirs
(crasseux !) de la capitale, de malheureux Yorkshires (et des
sujets d’autres races aussi) engourdis de froid, parce que
toilettés courts pour être plus propres. On sait que leurs longs
poils naturels leur font, l’hiver, une robe bien peu seyante
dans le lit et sur les genoux de leurs maîtres !
Le toilettage est donc un souci légitime de
propreté, mais alors un petit manteau s’impose pour leurs
sorties hivernales (ou un imper par temps de pluie le reste de
l’année).
Les chiots sont plus fragiles que des sujets
adultes et doivent aussi être protégés lors des balades de
l’hiver.
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Il est capital de les sortir afin de poursuivre
leur socialisation (il n’y a pas de temps à perdre pour cela)
mais en veillant à les prémunir avec petits manteaux, pulls ou
impers du commerce. Sans oublier de les sécher, les frictionner
et leur rincer les pattes, surtout par temps de neige où le sel
répandu sur les chaussées ronge les petits coussinets (et les
plus gros aussi d’ailleurs !)
Tous ces soins habituent le chiot à être manipulé
et initient confiance et complicité avec les maîtres.
Les rigueurs de l’hiver sont dommageables aussi
aux sujets âgés qui sont fragilisés et réclament donc les mêmes
égards. Plusieurs courtes balades sont préférables à une plus
longue et les possibles moqueries de certains ne doivent pas
gêner à leur mettre aussi l’imper ou le manteau. Pour l’essuyage
ou le séchage, attention cependant aux vieilles pattes
arthrosiques qui font souffrir et manquent de souplesse.
En conclusion, ça n’est pas parce qu’il fait «un
temps de chien» qu’il faut traiter son chien pire qu’un chien !
Danièle
Mirat
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