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Texte publié dans le magazine Rottweiler News n° 4 de Mars/avril
2007
(en co-rédaction avec
Michel Quertainmont Comportementaliste)
Petit Rott doit devenir propre
L’apprentissage de la propreté n’est pas simple pour le petit
Rott qui s’est vu propulsé chez ses nouveaux propriétaires.
Il vient juste d’être arraché brutalement à sa mère, sa fratrie,
ses éleveurs et tous ses premiers repères de vie. Il a grand
besoin de la disponibilité et de l’indulgence de ses nouveaux
maîtres, pour se sécuriser en reportant sur eux l’attachement
qu’il avait pour les siens.
Avec du temps et sur le socle de cet attachement, il revient de
bâtir la confiance du petit chiot, parce que tout apprentissage
(et surtout celui de la propreté) ne se réalise jamais mieux que
dans un sentiment de sécurité.
Propreté ?
Pour un chiot, propreté signifie ne pas faire sur ses aires de
couchage, de nourriture et de jeux. C’est ce qu’il a déjà appris
avec sa mère chez ses éleveurs (dans le cas des meilleures
conditions d’élevage).
Dès la naissance et tant qu'ils tètent, les chiots sont
incapables d’éliminer seuls spontanément. C’est leur mère qui
provoque l’élimination et en absorbe les produits, tenant ainsi
le couchage propre. Mais dès que ses petits absorbent une
nourriture solide, elle n'ingère plus leurs déjections et les
pousse alors à éliminer hors du nid.
Accueilli à 8 semaines le chiot est donc déjà "propre" puisqu’il
n’élimine plus dans le nid, mais les repères qu’il avait pris de
son environnement d’élevage ont été largement bousculés en
changeant de milieu. Il doit donc s’ajuster dans ce nouveau
contexte, et être amené vers notre point de vue de la
propreté quand il arrive dans nos maisons : c'est-à-dire faire
ses besoins dehors. Il s’agit donc pour lui d’élargir jusqu’en
extérieur, l’espace entre le nid où il n’élimine plus, et
l'endroit où il pourra se soulager.
A cet effet, le jardin est souvent utilisé bien mal à propos,
quand on attend d’un chiot qu’il gémisse pour « montrer » son
besoin de se soulager dehors. Attendre du petit qu’il gère aussi
précocement ses comportements d’élimination est bien abusif.
Pour lui, ce jardin peut vite devenir une continuité de son
milieu de vie, et il se soulagera alors alternativement à
l’intérieur et l’extérieur, n’étant pas en mesure de réaliser
une claire distinction et délimitation de ces endroits.
La tâche dévolue aux maîtres est donc de faire comprendre au
chiot ce que l’on attend de lui concernant ses éliminations, et
de nombreux facteurs viendront faciliter ou au contraire freiner
(voir bloquer parfois) ce processus d’acquisition de la
propreté.
Se rendre facilitateur pour cet apprentissage
Pour une bonne régulation du comportement alimentaire du jeune
animal, après les repas de la famille (où l’on ne donne rien au
chiot) on le laisse manger seul au calme et on lui retire sa
gamelle ¼ d’h plus tard, qu’elle soit vide ou pas, et même chose
aux repas suivants (toujours en laissant l’eau disponible).
Sachant que le chiot se soulage habituellement après ingestion
de nourriture, on facilite donc son apprentissage de la propreté
en le sortant à ces moments là.
Que ce soit pour la nuit ou bien en journée lors d’absences, la
cuisine est souvent la pièce retenue parce que facile
d’entretien. Un chiot dort beaucoup, s’y reposera de nombreuses
heures et souhaitera se soulager presque automatiquement à
chacun de ses réveils.
Le sortir juste à ces moments là, garantit une fois encore
d’obtenir facilement des éliminations.
Un chiot de 8 semaines ne peut pas se contenir plus d’1h ou 2
dans la journée, 3 ou 4h la nuit, et il n’aura pas une
réelle capacité à se retenir plusieurs heures, avant l’âge de 6
mois.
Si l’on peut le sortir après les siestes, les repas ainsi
qu’après les séances de jeux (où le chiot éprouve souvent aussi
le besoin d’éliminer) il est aisé d’obtenir en quelques semaines
un jeune animal qui se soulage facilement dehors.
Si l’on manque de disponibilité (ou si l’on habite au 6è sans
ascenseur !) on peut délimiter un « carré d’aisance » (dans la
cuisine, sur la terrasse, etc.…) matérialisé par du journal ou
une serpillière par exemple, bien espacé de sa gamelle d’eau.
Stimulé par l’odeur de ses précédentes éliminations, il
reviendra là plus volontiers.
Cette méthode arrange de nombreux maîtres, mais elle n’a rien de
facilitant pour l’apprentissage que l’on cherche à opérer. Elle
retarde le chiot à éliminer en extérieur. On lui « apprend » en
quelque sorte que le contexte habituel pour faire ses besoins
est bien celui de la maison. Or on cherche précisément à lui
faire comprendre le contraire!
Son apprentissage et nos attentes s’opposent, il faudra donc
beaucoup d’indulgence quand il s’éternisera un peu à « devenir
propre » !
Quelques expériences et un peu d’observation permettent
rapidement de s’accorder au rythme
veille-sommeil-alimentation-élimination du petit molosse, et de
devancer ses éliminations (l’anticipation étant un des éléments
clé de la réussite) en le sortant régulièrement à tous les
moments propices.
A noter qu’attendre les derniers vaccins pour sortir le petit
Rott serait un frein à son apprentissage de la propreté,
mais plus inquiétant encore, serait aussi un obstacle à sa
familiarisation avec l’environnement, surtout s’il est urbain.
Cela peut devenir une véritable carence chez le chien, en tout
cas un vecteur d’émotionnel bousculé, de craintes, de retrait
social, de réactions défensives…
Rien de souhaitable pour ce type de chien déjà si mal considéré,
et catégorisé de manière abusive !
Calme et répétition pour rendre confiant
Au début de l’apprentissage, on peut emmener le petit Rott en
laisse toujours aux mêmes endroits plutôt calmes et propres,
pour qu’il s’y familiarise et trouve confiance pour se poser.
Les endroits très (trop) fréquentés de gens et de congénères
(étant aussi les lieux les plus souillés) perturbent et
distraient le chiot qui attendra de rentrer pour se soulager à
la maison ! C’est tellement plus tranquille chez soi !
Une fois repéré « le bon endroit » on laisse patiemment le chiot
découvrir et flairer jusqu’à ce qu’il soit stimulé pour libérer
vessie et intestin (et on le félicite évidemment, car on obtient
bien davantage et plus vite, en récompensant un comportement
souhaité, plutôt qu’en punissant le comportement non désiré).
Le ramener toujours là facilitera ses éliminations, la
répétition étant un autre élément clé de réussite. Explorer
d’autres endroits pourra se faire dans un 2ème temps.
Dans ces conditions optimales d’apprentissage, le chiot est
propre entre l’âge de 4 et 6 mois, mais parfois un peu plus tard
quand justement il est laissé seul de nombreuses heures.
Prendre la mesure
de nos exigences
Un chiot va spontanément faire ses besoins là où il se trouve
quand l’envie se présente, sauf sur ses lieux de couchage,
d’alimentation et de jeux : c’est SA règle de
propreté.
Pour satisfaire à nos exigences d’hygiène, il va
devoir apprendre à se retenir, pour éliminer plus tard (quand on
le sortira) et plus loin (hors de l’habitat). On mesure ici, que
pour faire l’association de se retenir sur un besoin naturel, et
ne s’exécuter que plus tard et plus loin, le chiot aura besoin
que ses propriétaires soient les meilleurs et les plus patients
instructeurs.
Devant un
"accident" de parcours
Parce que l’on n’est pas toujours assez disponible pour sortir
le petit Rott jusqu’à 6 à 8 fois en journée (et 1 ou 2 fois la
nuit !) il y aura donc bien quelques « accidents » de parcours
pour lesquels le chiot ne devra jamais être puni.
Si on le surprend se soulageant dans l’habitat, il est déjà trop
tard pour le stopper avec un NON ! On peut toutefois l’amener à
l’endroit souhaité (le mieux étant toujours d’intervenir juste
avant toute élimination, quand le chiot tourne et flaire avant
de se poser).
Et si l’on n’a pas surpris le chiot, on se contente de ramasser
ou éponger hors de sa présence (juste pour qu’il ne prenne pas
notre position accroupie pour un appel au jeu !)
Un nettoyage à l'eau vinaigrée étant préférable à l'eau de
javel, dont l'odeur serait plutôt incitatrice à recommencer ça
là !
Co-rédaction de Danièle Mirat et
Michel Quertainmont
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