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Les plantes à la rescousse: la phytothérapie au service de nos chiens et nos chats  

 

 

Texte publié dans Bio-contact n° spécial d'octobre 2009

(mensuel distribué en magasins de diététique et produits biologiques)

 

Le métier de comportementaliste :

Pour un mieux-être des cohabitations de l’Homme avec le Chien et le Chat

 

 

Vivre avec un animal ne devrait pas s’improviser, et pourtant c’est bien ce qui se passe dans la plupart des cas d’adoption ou d’achat d’un chien ou d’un chat. Or, l’animal est un être à part entière et l’organisation d’une famille en cohabitation avec lui peut parfois prendre des tournures difficiles. C’est là que le comportementaliste peut intervenir.

 

 

Le métier de comportementaliste

Un chien ou un chat vivant en étroite cohabitation au sein de la famille peut produire des comportements particulièrement dérangeants, inquiétants, voire dangereux, dont il faut se préoccuper rapidement. Pour le comportementaliste, le but est de proposer une médiation entre les espèces en présence (humaine, canine ou féline) afin de rendre compatible la vie des personnes et leurs attentes, avec les capacités d’adaptation de l’animal qui a été choisi.

La relation Homme/Animal devrait toujours être abordée d’un point de vue holistique. Chaque famille (système familial) incluant l’animal est une entité ne ressemblant à aucune autre, où chaque personne comme chaque animal est unique, et toute cette singularité doit être prise en compte.

Pour le comportementaliste, c’est donc strictement au cas par cas que peuvent être résolus les difficultés d’une famille avec son chien ou son chat. C’est également la raison pour laquelle les consultations se déroulent à leur domicile.

Donner des conseils « tout-fait » ou des réponses types et valables pour tous relèverait du simple abus. Bien entendu, il existe des lignes directrices, mais un conseil valable dans une famille pourrait pourtant se montrer catastrophique chez une autre.

 

Cela dit, pour le public il est souvent difficile de s’y retrouver dans la jungle des termes que les professionnels emploient pour se présenter. Ainsi, on peut trouver des comportementalistes, mais également des éducateurs-comportementalistes et des vétérinaires-comportementalistes.

Ce sont pourtant 3 approches et donc 3 manières d’exercer très différentes:

--- Educateurs-comportementalistes et vétérinaires-comportementalistes vont se saisir de l’animal comme étant l’unique objet des difficultés sur lequel agir pour le faire changer et s’adapter. Tel professionnel propose alors de le médicaliser (seul le vétérinaire est habilité à prescrire) ou bien « l’éduquer », c'est-à-dire le façonner (par conditionnement) pour empêcher, contrer ou détourner sa réponse adaptative au milieu, afin que ses comportements répondent aux exigences familiales.

--- Ces approches ne sont pas celle du comportementaliste qui étudie de manière personnalisée, l'individu (chien ou chat) et son milieu de vie, pour y repérer les mutuelles influences génératrices de difficultés.

 

Où sont les raisons des difficultés de cohabitation entre l’Homme et son animal ?

Celles-ci surviennent essentiellement lorsque les humains ne savent pas ou ne parviennent pas à proposer un contexte de vie ou un contexte relationnel compatible avec les besoins de leur animal.

Un comportement est toujours une réponse à ce qui est vécu, or l’animal, autant que ses cohabitants humains, répond comme il le peut, sans toujours être compris dans ses motivations. La communication est donc bien ce qui fait difficulté et l’objectif devient alors d’aider les personnes à apprendre et comprendre le monde de leur animal, et en conséquence comment mieux organiser la cohabitation et leur relation. 

 

Chiens et chats : des approches différentes

Chiens et chats sont deux mammifères avec de nombreuses similitudes dans leurs réponses comportementales, mais se différenciant énormément sur d’autres aspects, comme l’organisation sociale ou la territorialité. Voilà entre autre pourquoi les comportementalistes sont souvent spécialisés dans les comportements d’une des deux espèces (chien ou chat). Être formés à résoudre les difficultés Homme/Chien ne permet pas de transposer ce savoir aux difficultés Homme/Chat. Il faut avoir reçu une double formation pour prétendre s’occuper des deux espèces.

Plusieurs aspects de la relation Homme/Animal comportent des différences entre chien et chats :

L’organisation sociale : le chien a besoin du groupe, il est parfaitement social. Sa manière d’agir et de réagir dans un groupe humain est profondément influencé par son besoin instinctif de vivre au sein d’une organisation structurant les rapports entre lui et chacun des individus d’un groupe constitué. (A noter que cette organisation humain/chien ne devant pas forcément répondre aux préceptes simplistes, réducteurs et sans fondement scientifiques du dominant/dominé).

Le chat, lui, ne devient social que si un certain nombre de conditions ont été remplies dans son enfance et son contexte de vie actuel. Il retourne facilement à un comportement dit solitaire.

Les relations affectives : on attend rarement les mêmes choses d’un chien ou d’un chat en terme affectif. Par exemple, on ne touche pas l’un ou l’autre de la même façon. En revanche, il est relativement facile de favoriser un hyper-attachement chez l’un ou l’autre (ce qui est nocif : cela le rend parfaitement dépendant de ses maîtres et le plonge dans la détresse en l’absence de ceux-ci)

Le rapport au territoire : pour le chat, une immense majorité de ses comportements avec l’humain sera lié à la gestion de son territoire. Qui est où ? Voila ce qui le préoccupe à longueur de journée. Pour le chien, la question  serait plutôt de savoir : qui  déplace qui ?

 

Intervenir dans les cohabitations avec un chat

Les consultations concernent essentiellement les problèmes dits « de malpropreté » (qui sont la plupart du temps du marquage territorial), ou bien des problèmes d’agressivité (pour le chaton ou l’adulte). Les agitations nocturnes, l’anxiété ou état dépressif, les peurs, les difficultés de relations entre plusieurs chats sont aussi des raisons de consulter. On peut également préventivement prendre l’aide du comportementaliste pour la future adoption d’un chat ou lorsqu’un bébé s’annonce et que l’on souhaite sécuriser ces échanges nouveaux avec l’enfant.

Toute cohabitation harmonieuse avec un animal passe par le soin porté à son bien-être. Ainsi, concernant le chat, le comportementaliste va proposer que ses besoins primaires soient respectés : ceux de l’espace, de l’activité ou la possibilité d’arpenter un territoire (non, un chat ne peut pas être parfaitement épanoui dans un petit appartement, à fortiori dans un studio). Il lui faut aussi la possibilité de marquer son territoire, en positionnant sa litière de façon stratégique par rapport aux lieux de vie de la famille (et surtout en ne s’acharnant pas par exemple à trop la nettoyer). Toutes les tentatives d’éducation, punitions et autres « tendresses » seront nécessairement génératrices de peurs et d’agressivité.

 

Intervenir dans les cohabitations avec un chien

Les demandes de consultations concernent principalement les conduites agressives du chien (accompagnées ou non de morsures) vis-à-vis des humains ou de ses propres congénères, les comportements de malpropreté, de destructions, de nuisances sonores, de peurs, etc... Mais préventivement,  le comportementaliste peut intervenir lors de tout changement de situation de vie familiale susceptible de désorganiser l’animal: déménagement, arrivée d’un bébé ou d’un autre animal (chaton, chiot ou adulte adopté en refuge) par exemple.  

L’organisation sociale Homme/Chien est la source principale des difficultés et proposer un « bon relationnel » sera donc la mission essentielle du comportementaliste.

 

Que la cohabitation soit avec chien ou avec chat

- Le comportementaliste remonte jusqu’aux conditions d’élevage de l’animal qui fut chiot ou chaton, pour y chercher les possibles et premiers germes des difficultés présentes.

- Il va faire la traque de l’anthropomorphisme, car l’interprétation faussée des comportements de l’animal entraîne ses propriétaires dans les contre-sens

- Il va également traquer les idées reçues sur l’éducation, sur les races (ex : telle race de chien qui n’échappe pas à l’étiquette de têtu et/ou de dominant... tout cela pris abusivement comme vérité inébranlable et irréversible) le tout pour restaurer davantage de réalité animale.  

- Il va faire percevoir qu’impatience, inconstance et incohérence (avec des règles de vie changeantes et fluctuantes au gré des humeurs dans la famille) n’aide pas à la constance attendue de l’animal.

- Que l’étouffement et/ou la répression des comportements naturels (ex : reproduction, prédation, et même exploration et flairage parfois pour le chien) sont écrasants et frustrants pour leur compagnon à 4 pattes.

- Que certaines conditions de cohabitation (« surpopulation » humaine et/ou animale en espaces exigus) sont peu propices au bon équilibre psycho-comportemental de l’animal et qu’elles peuvent par exemple, le conduire à une surexcitabilité et agressivité que personne n’explique (dans certaines familles avec des enfants où règnent cris, bruits, allées et venues incessantes, desquels l’animal ne peut se soustraire un instant, faute de place prévue et/ou respectée).

- A noter qu’à l’inverse, l’enfermement prolongé et l’inactivité sont génératrices de destructions, agitations et autres désordres comportementaux,  chez un chien ou un chat qui ne peut user de son énergie quand elle est disponible.

 

Soulagement de la relation Homme/Animal

Dans sa proposition de médiation, le comportementaliste va expliquer aux propriétaires pourquoi leur animal, confronté à ce qui lui est proposé de vivre, trouve telle ou telle conduite adaptative.

Pour les cohabitants des espèces en présence, cette médiation sera extrêmement salutaire. Expliquer clairement aux propriétaires les raisons des comportements (justement gênants et incompréhensibles) de leur animal, génère en eux un premier soulagement. Trop souvent ceux-ci ont souffert de ne pas comprendre leur chien ou leur chat et certains ont même longtemps pensé que celui-ci se comportait de telle ou telle façon, pour les narguer ou par vengeance (ce qui est en fait bien loin de la réalité animale)

Avoir un nouvel éclairage objectif des comportements de l’animal est la première étape de la consultation. Puis des changements sont proposés pour améliorer les relations, et là, des résistances peuvent surgir.

L’animal est malgré lui un extraordinaire miroir de nous-mêmes et la manière de chercher ou d’obtenir son affection est fortement liée à notre enfance, notre histoire. Or parfois, il sera demandé aux personnes de revoir  leurs demandes affectives vis-à-vis de leur animal, et toucher à la relation Homme/Animal fait prendre le risque de bouleverser un certain nombre de croyances et de façon de vivre qui peuvent être mal acceptées.  

Parfois, le chien ou le chat se trouve être le symptôme d’un système familial dysfonctionnel. Tous les maux du groupe sont alors reportés sur lui.

Demander à une famille de changer l’organisation sociale quotidienne autour de cet animal pour qu’il aille mieux et produise des comportements plus attendus, peut donc représenter une réelle difficulté pour les personnes concernées.

 

Pour autant, le comportementaliste se concentre spécifiquement sur la relation Homme/Animal, et se pencher directement sur l’histoire des personnes ne relève pas de ses compétences : il n’est pas un psychologue. Il est simplement informé et conscient (via sa formation) que les ressorts psychologiques humains ont forcément un impact sur l’animal et qu’ils apparaitront également sous la forme de résistances lors des propositions faites pour améliorer la cohabitation.

 

En revanche, si les propositions faites par le comportementaliste sont suivies, le soulagement par un milieu de vie moins anxiogène pour l’animal sera certain pour lui. Et c’est bien la motivation principale du professionnel : permettre un soulagement de l’animal, et par voie de  conséquence celui des personnes qui vivent avec lui.

 

Co-rédaction de Danièle Mirat et Florence Cailliot d’Ivernois  

  

Danièle Mirat

Comportementaliste spécialiste des relations et cohabitations Homme/Chien et Homme/Chat à Paris et sa banlieue depuis l’année 2000 et formatrice au métier de comportementaliste à OPERRHA

 

Florence Cailliot-d’Ivernois.

Diplômée d’éthologie (Paris 5), étudie le chat familier depuis près de 6 ans, comportementaliste et formatrice au métier de comportementaliste en Ile-de-France (OPERRHA) ainsi qu’au Québec (Aiica), intervenante en entreprises.

 

OPERRHA (Organisme privé d’enseignement et de recherche sur les relations homme/animal) propose plusieurs programmes de modules théoriques et pratiques tournés vers l’activité de comportementaliste ou les activités de zoo-médiation (zoothérapie)

Tél : 09 77 90 57 87

Courriel: contact@comportementaliste-formation.com

Site Internet : http://www.operrha.com