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Texte publié dans le magazine Rottweiler News n° 2 de Novembre/décembre 2006
(en co-rédaction avec
Jean Paul Hadjadj Comportementaliste)
Le comportementaliste est-il l’ultime solution
aux problèmes avec un Rott ?
(ou tout autre chien de n'importe quelle race!)
Plus que tout autre, le propriétaire d'un
Rottweiler est attentif à l'évolution de son animal. Il est
soumis comme ses concitoyens, au matraquage médiatique sur les
accidents fort regrettables impliquant des chiens de cette race
(ou qui lui ressemblent).
Il redoute que son compagnon déjà classé par la
loi dans la catégorie « chiens dangereux » ne le devienne
réellement et il a besoin de professionnels pour le conseiller
et l’aider.
« Mon Rott a des problèmes »…ou bien : « J'ai des
problèmes avec mon Rott » sont les deux versions d'une même
plainte formulée, et trop souvent restée sans réponse véritable
faute d'avoir trouvé le bon interlocuteur.
Des problèmes ?
Ce terme peut recouvrir une multitude de réalités.
Le chien peut être décrit comme
« désobéissant » exemple : trop occupé à flairer, il tarde à
revenir au rappel, ou bien il tire sur sa laisse, il saute sur
tout le monde, ou encore il agresse ses congénères...
D’autres fois, on dit de lui « qu’il se conduit
mal » exemple : mon Rott détruit dans l’habitat, il a peur
de tout, il aboie pour un rien, ou il urine ici et là, il grogne
quand on le caresse, il veut nous chevaucher...
A
qui s'adresser ?
Le propriétaire consciencieux va d'abord avec
raison, consulter son éleveur ou/et son vétérinaire. Une maladie
ou une lésion douloureuse peuvent en effet altérer l'humeur du
chien, mais si le praticien ne décèle pas d’anomalie organique,
notre propriétaire va de nouveau se demander vers qui se
tourner.
Peut-être lui sera-t-il conseillé d'aller voir un
éducateur canin.
Si les difficultés rencontrées sont liées à un
difficile contrôle de son chien en extérieur, c’est
effectivement le bon interlocuteur. Mais pour les autres
problèmes, il ne faudra pas attendre du dressage ce qu’il ne
peut pas apporter (car comment dresserait-on un chien à ne pas
détruire, gémir, aboyer, uriner ou déféquer quand on
s’absente de la maison par exemple ?)
En désespoir de cause et avec de la chance,
quelqu'un l’orientera peut-être vers un comportementaliste,
professionnel moins connu et dernier recours pour ce maître
désemparé, dont les problèmes ne sont peut-être pas encore
complètement réglés.
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Le comportementaliste, ultime recours ?
Consulté souvent en dernier, le comportementaliste
doit-il rester le professionnel de la dernière chance ?
Cela fait penser à ce malade incurable avec qui tout
semble avoir été tenté, et sur lequel les médecins
essaient une dernière thérapie !
Le public sait encore mal de quel professionnel il
a besoin, en regard des difficultés rencontrées avec son
chien. Il tarde ainsi à consulter le comportementaliste,
dont c’est pourtant le métier de trier les difficultés,
analyser les attentes spécifiques et discerner clairement
les besoins des maîtres dans l'embarras avec leur
compagnon à 4 pattes. Il peut vite identifier si le besoin
est d’acquérir un meilleur contrôle du chien en extérieur
et il orientera vers un éducateur canin.
Mais s’agissant de comportements inadaptés,
inquiétants et/ou inexpliqués du chien dans la
cohabitation, la vocation du comportementaliste est de les
résoudre en guidant, de manière toujours personnalisée,
vers une résolution de ces problèmes, qui eux sont d’ordre
relationnel.
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A
noter : les « désobéissants » en balade sont aussi souvent des chiens qui
«se conduisent mal » à la maison ! En effet les consultations
pour problèmes rencontrés en promenade, montrent souvent une
mauvaise organisation des relations, et les consultations pour
difficultés à l’intérieur sont souvent associées à des balades
difficilement gérables.
C’est une meilleure organisation/gestion des
interactions entre le chien et ses maîtres, qui peut faire
évoluer notablement le déroulement des sorties. Plus sécurisé
par de meilleurs échanges au sein de sa structure familiale, le
chien est aussi plus stable et confiant dans sa confrontation
avec le monde extérieur (ainsi que plus disponible pour les
apprentissages)
A méditer donc sur ce qu’il faudrait aborder et
régler en premier, pour ne pas faire du comportementaliste, un
intervenant de la dernière chance... du chien.
Comment ce professionnel agit-il ?
Le comportementaliste appréhende les comportements
gênants, mal expliqués et/ou inquiétants de l’animal, comme des
difficultés d’adaptation de celui-ci à son milieu et à ce qui
est attendu de lui.
Spécialiste des relations de l’Homme et du chien,
le comportementaliste refuse d’observer un Rott et ses désordres
du comportement, comme s’il était un sujet isolé, autonome,
imperméable et indépendant de son environnement et de ses
relations à ses maîtres.
Chaque Rott est unique (de par sa lignée, son vécu
prénatal, sa naissance, son développement précoce à l’élevage et
ses expériences dans son environnement familial). Chaque famille
aussi est unique (avec son histoire, la sensibilité et les
diverses attentes de chacun face au chien)
Cette infinie diversité fait que la situation
problématique d’une famille avec son animal, n’aura jamais
exactement les mêmes raisons ni les mêmes solutions.
Pour le comportementaliste, ces solutions seront
donc adaptées à chaque cas particulier, sans standardisation de
protocole, sans séance/type avec questionnaire/type.
Les comportements désordonnés d’un Rott ne font
pas forcément de lui un « détraqué », un malade, un animal
méchant que l’on doit dresser ou médicaliser, et s’il se
comporte d’une manière que l’on s’explique mal, il a justement
d’abord besoin d’être mieux compris.
Les altérations des comportements du chien étant
le plus souvent engendrées par une mauvaise communication entre
les deux espèces (humaine et canine) en présence, la tâche
première du comportementaliste consiste à rendre intelligible le
comportement du Rott pour son propriétaire. Lui faire comprendre
parfois, que d’un strict point de vue canin, ce comportement
peut être « normal » et en tout cas légitime, malgré les
désagréments (voire danger) qu'il provoque.
Quelles pistes le
comportementaliste suit-il ?
Pour mener à bien
cette tâche, le comportementaliste va remonter jusqu’aux
conditions d’élevage du chiot pour y chercher les possibles
germes des difficultés présentes.
Il va faire la
traque de l’anthropomorphisme (l’interprétation faussée des
comportements du chien, entraînant ses maîtres dans le contre
sens)
Il va aussi traquer
les idées reçues sur l’éducation, sur les races, ex : le Rott
qui n’échappe pas à l’étiquette de têtu et/ou de dominant...
tout cela pris abusivement comme vérité inébranlable et
irréversible.
Il va faire
percevoir qu’impatience, inconstance et incohérence (avec des
règles de vie changeantes et fluctuantes au gré des humeurs dans
la famille) n’aide pas à la constance du chien.
Que l’étouffement
ou la répression des comportements naturels (reproduction,
prédation et même exploration et flairage parfois) sont écrasant
et frustrant pour leur compagnon.
Que certaines
conditions de cohabitation sont peu propices au bon équilibre
psycho-comportemental de l’animal et qu’elles peuvent le
conduire par exemple, à une surexcitabilité que personne
n’explique. C’est le cas de l’enfermement prolongé et
l’inactivité, ou au contraire de la sur-stimulation (dans
certaines familles avec enfant, où règnent cris, bruits, allées
et venues incessantes, desquels le chien ne peut se soustraire
un instant, faute de place prévue et/ou respectée).
C’est donc (rapidement survolé ici) l’histoire et
l’ensemble du quotidien environnemental et interactionnel du
chien qui est à examiner avec ses propriétaires, pour conduire
ceux-ci à modifier un peu de leur cohabitation.
Meilleure gestion des échanges avec le Rott,
meilleure gestion de son émotionnel, meilleure gestion des
déplacements et repos de chacun sur le lieu de vie... autant
d’éléments propices à une meilleure communication, qui mèneront
progressivement à l’apaisement des tensions avec le chien et à
des comportements plus adaptés et attendus de sa part.
Et sans exiger du comportementaliste une résolution « éclair »
des problèmes (surtout pour des difficultés installées depuis
longtemps) il serait plus prévoyant et responsable de faire
appel à ses services, dès le projet d’acquisition d’un chiot (ou
d’un chien en refuge).
Co-rédaction de Danièle Mirat et
Jean Paul Hadjadj
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