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Coup de gueule: Attention à ne pas confondre…. !  avec un métier et des agissements qui ne sont pas ceux de comportementaliste (vu à la télé...)

 

Être comportementaliste

 

 

Bien des professions nouvelles ne sont pas encore réglementées par l’état, et comme elles restent sans règle d’accès ni organisme de contrôle, il n’est pas aisé pour le public d’y retrouver le cadre qui les définirait ni le professionnel compétent qui l’exerce.  

C’est le cas pour le métier encore mal connu et souvent décrié de comportementaliste.  

Pourtant, ceux qui s’adressent à ce professionnel sont bien des propriétaires de chien à la recherche de solutions, et il est souvent celui dont les compétences répondent le mieux aux difficultés rencontrées.

 

Le comportementaliste est trop souvent appelé quand tout semble avoir été tenté, par des maîtres désemparés devant les comportements gênants de leur animal, et s’étant épuisés dans des démarches stériles ou ayant même conduit à l’aggravation de leur situation. 

Le comportementaliste doit leur faire comprendre qu’user d’une mauvaise solution n’a d’autre effet que d’ancrer encore les difficultés, voire de les amplifier et éloigner un peu plus des solutions envisageables.

 

Chaque chien est unique et s’est trouvé façonné par sa lignée, son vécu prénatal, sa naissance, son développement précoce durant le temps passé avec sa mère et sa fratrie, ses expériences dans son environnement d’adoption. 

Chaque famille aussi est unique, avec les individus qui la constituent, l’histoire, la sensibilité et les diverses attentes parfois contradictoires de chacun face au chien. 

Alors les séances/types, les questionnaires/types et les règles générales sont à fuir, pour tenter de résoudre ce qui ne peut être appréhendé ni approximativement ni superficiellement, avec des recettes sur simplifiées et une action directe sur le chien qui montrent rapidement leurs limites.

Car en effet, lorsqu’un comportement inhabituel ou indésirable du chien familier apparaît, le lieu commun chez les propriétaires ou même chez certains autres professionnels, est de rechercher un élément unique en relation directe avec les problèmes rencontrés – en général, le chien lui-même – et d’agir sur lui pour tenter de modifier son comportement, par un dressage par exemple.

Or, si le dressage (de nos jours couramment appelé éducation canine) autorise un conditionnement du chien pour un objectif prédéfini (rappel, contrôle, ou utilisation à une tâche spécifique) et nous montre là son utilité, il fait par contre apparaître rapidement ses limites face aux situations imprévues ou inattendues, cette fois non définies à l’avance. C’est notamment le cas lorsqu’il s’agit de la résolution des altérations du comportement d’un animal.

L’approche des comportementalistes est entièrement à l’opposé de ces principes qui simplifient à outrance les relations de cause à effet, qui nient les influences du milieu et des individus sur les comportements ou qui tentent sans se soucier du contexte, d’appliquer des recettes générales à des situations individuelles.

 

Pour le comportementaliste, la question qui se pose à chaque fois n’est pas « quel est le nom de ce qui se passe ? » ou « qu’est-ce qui ne va pas chez ce chien pour qu’il se comporte ainsi et comment agir sur lui pour que ça cesse ? » mais plutôt « quels sont les éléments qui dans l’environnement perceptif peuvent exercer une influence sur les comportements normaux du chien » et « sur quels éléments ou leurs conjugaisons puis-je agir pour atténuer, ou supprimer les difficultés ? » 

On s’en aperçoit rapidement, le contexte, les relations, la communication entre l’homme et le chien rendent cette approche bien plus complexe qu’aucune autre, et par là même, spécialisée.

Conscient des préjugés qui existent ou du discrédit abusif que l'on renvoie sur sa spécialité, le comportementaliste se doit d’informer le public en général et les propriétaires de chiens en difficulté avec leur animal, de la spécificité de son approche.

 

Grâce à sa formation dans différentes disciplines scientifiques :

  • L’éthologie* (humaine et animale) spécialement la connaissance des comportements du chien, de ses codes sociaux et de communication et du cas particulier du chien familier

  • La psychologie, dont une branche dite « systémique » selon laquelle tout groupe constitue un « système » dont chaque élément influe sur les autres (et ceci vaut pour les relations homme/chien)

Le comportementaliste se révèle être LE spécialiste qualifié, avec sa connaissance des causes des perturbation des relations homme/chien, des troubles imputables au milieu et des techniques d’entretien dans la relation d’aide.

* (science qui a pour objet l’étude des comportements d’un être vivant dans son milieu naturel)

 

Dans quels cas consulter ?

Une liste sans fin de situations problématiques apporterait-elle un quelconque intérêt ?

Ne paraît-il pas impossible de rassembler et de catégoriser ce qui ne se ressemble pas ?

Comme souligné longuement plus haut, rien ne ressemble moins à un chien qu’un autre chien, rien ne ressemble moins à une famille qu’une autre famille.  

Cet aspect est révélateur, car cette infinie diversité de situations ne permet pas de normaliser les relations ni les dysfonctionnements qui s’y rapportent et si des situations paraissent identiques, elles n’ont jamais ni les mêmes origines, ni les mêmes solutions.

 

Inacceptable et intolérable pour les propriétaires, voilà le seul dénominateur commun quand une situation inquiète, dérange ou qu’un fait inattendu, inhabituel se produit avec le chien. 

C’est déjà une excellente raison pour faire appel à l’expertise d’un comportementaliste qui suivant les problèmes à résoudre, recevra dans son cabinet avec ou sans le chien, ou se rendra à domicile afin de rencontrer ensemble tous les acteurs de la relation.

Souvent par méconnaissance ou par dépit, les propriétaires font appel à nous après avoir rencontré plusieurs autres professionnels, (éleveurs, éducateurs, dresseurs, vétérinaires) preuve s’il en faut que l’on peut consulter un comportementaliste pour n’importe quelle situation difficile.

Il est toutefois important de noter qu’avant de faire appel à nous, l’application de conseils stéréotypés ou de solutions n’ayant aucun rapport avec les difficultés, peuvent ralentir considérablement la progression de notre travail.

Et ne pas oublier que le comportementaliste tient un rôle important en terme de prévention : en effet, bon nombre de situations parfois bien envenimées dans la relation avec un chien, auraient pu être évitées si son aide spécialisée avait été sollicitée en amont.

Lors de l'acquisition, ou mieux encore, avant l’acquisition d'un chiot ou d'un chien adulte, il est judicieux de faire appel à son expertise pour choisir au mieux et pour démarrer "du bon pied" avec ce nouveau venu dans la famille. 

Cette démarche devrait devenir un automatisme pour tous les futurs propriétaires, surtout quand il s’agit de leur premier chiot, ou premier chien adopté.

Cette rencontre permet de construire tout de suite une bonne relation avec l’animal, en évitant certaines maladresses et en installant de bonnes habitudes. 

Il est ainsi tellement plus facile et confortable d'anticiper d'éventuelles difficultés, plutôt que de se retrouver dans une situation dont on ne sait plus que faire pour s'en soustraire, et qui plonge les propriétaires et le chien dans une incompréhension mutuelle.

Le public connaît mal notre profession bien plus qu’il n’y est réticent.  

Il suffit qu’il sache que nous existons auprès des autres professionnels du monde du chien et en quoi nous nous en distinguons. 

Ainsi mieux averti de l’aide dont il a besoin, ce public saura mieux se diriger vers les différents intervenants, dans la jungle de ce qui est proposé aujourd’hui, notamment sur Internet, en matière de résolution des problèmes rencontrés dans la cohabitation avec un chien.

 

Pour conclure, que dire à ceux qui ont fait l’expérience malheureuse de quelqu’un qu’ils ont cru être un comportementaliste ?

Comme précisé en introduction cette profession n’est pas encore réglementée, or lorsqu’on évoque une appellation représentant une activité professionnelle, on se représente d’abord une formation et une approche, puis une pratique, le tout formant un ensemble correspondant fidèlement à cette activité.

C’est ici qu’il s’agit de distinguer une appellation principale [où la formation, l’approche et la pratique correspondent fidèlement à l’activité professionnelle] d’une appellation secondaire, c'est-à-dire accolée à une appellation principale [où la formation, l’approche et la pratique correspondent à l’activité principale et où l’appellation secondaire exprime une orientation, une tendance qui s’y subordonne, ou même parfois une vague auto proclamation]. 

La formation, l’approche et la pratique du comportementaliste sont donc bien à différencier de celle par exemple qui porte l’appellation d’éducateur-comportementaliste.

Accolé à éducateur, le terme comportementaliste est détourné de son origine et de sa spécialité, au profit de formations, d’approches et de pratiques mal définies qui sont bien loin de le représenter. 

Qui dit « comportements » dit « éthologie », et on ne peut réduire cette science, ni à un conditionnement de l’animal, ni à des idées reçues ou croyances, ni à une liste de recettes stéréotypées ou de théories d’origine inconnue.

L’éthologie du chien familier doit être l’essence de la démarche des professionnels spécialistes des comportements et des relations Homme/Chien.

 

Le terme de comportementaliste a été déposé à l’INPI par l’éthologiste/formateur Michel Chanton et décrit une pratique principale et spécifique, dans un cadre spécifique lui aussi.

Une utilisation non justifiée et donc abusive du terme à titre secondaire n’est en conséquence pas légale, mais surtout trompeuse et floue pour le public, qui d’ailleurs pour la plupart ne sait plus à qui s’adresser, parce que ne sachant pas qui exerce quelle pratique.  

Gageons maintenant qu’il le saura un peu mieux et que dorénavant, les autres professionnels qui utilisent ce terme, même à titre secondaire, sauront redevenir modestes en ne s’attribuant pas des compétences et un titre dont ils ne peuvent justifier.

 

De nombreux comportementalistes subissent et se plaignent de comparaisons négatives avec des professionnels peu scrupuleux qui utilisent ce titre et dont les connaissances et pratiques sont plus que douteuses, ou avec des internautes qui se croient anonymes et distillent conseils insensés, voire dangereux sous cette appellation.

Il est important d’informer ici ces ravisseurs, anonymes ou non, que les comportementalistes entendent maintenant clarifier ces abus et pourront décider de faire usage de leurs droits à cet égard.

Michel Quertainmont, Danièle Mirat, Isabelle Fernandes

Comportementalistes spécialistes de la relation Homme/chien

 

 

Coup de gueule: Attention à ne pas confondre…. !  avec un métier et des agissements qui ne sont pas ceux de comportementaliste (vu à la télé...)

 

 

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