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Bien
des professions nouvelles ne sont pas encore réglementées par
l’état, et comme elles restent sans règle d’accès ni
organisme de contrôle, il n’est pas aisé pour le public
d’y retrouver le cadre qui les définirait ni le professionnel
compétent qui l’exerce.
C’est
le cas pour le métier encore mal connu et souvent décrié de
comportementaliste.
Pourtant,
ceux qui s’adressent à ce professionnel sont bien des propriétaires
de chien à la recherche de solutions, et il est souvent celui
dont les compétences répondent le mieux aux difficultés
rencontrées.
Le
comportementaliste est trop souvent appelé quand tout semble
avoir été tenté, par des maîtres désemparés devant les
comportements gênants de leur animal, et s’étant épuisés
dans des démarches stériles ou ayant même conduit à
l’aggravation de leur situation.
Le
comportementaliste doit leur faire comprendre qu’user d’une
mauvaise solution n’a d’autre effet que d’ancrer encore
les difficultés, voire de les amplifier et éloigner un peu
plus des solutions envisageables.
Chaque
chien est unique
et s’est trouvé façonné par sa lignée, son vécu prénatal,
sa naissance, son développement précoce durant le temps passé
avec sa mère et sa fratrie, ses expériences dans son
environnement d’adoption.
Chaque
famille aussi est unique,
avec les individus qui la constituent, l’histoire, la
sensibilité et les diverses attentes parfois contradictoires de
chacun face au chien.
Alors
les séances/types, les questionnaires/types et les règles générales
sont à fuir, pour tenter de résoudre ce qui ne peut être appréhendé
ni approximativement ni superficiellement, avec des recettes sur
simplifiées et une action directe sur le chien qui montrent
rapidement leurs limites.
Car
en effet, lorsqu’un comportement inhabituel ou indésirable du
chien familier apparaît, le lieu commun chez les propriétaires
ou même chez certains autres professionnels, est de rechercher
un élément unique en relation directe avec les problèmes
rencontrés – en général, le chien lui-même – et d’agir
sur lui pour tenter de modifier son comportement, par un
dressage par exemple.
Or,
si le dressage (de nos jours couramment appelé éducation
canine) autorise un conditionnement du chien pour un objectif prédéfini
(rappel, contrôle, ou utilisation à une tâche spécifique) et
nous montre là son utilité, il fait par contre apparaître
rapidement ses limites face aux situations imprévues ou
inattendues, cette fois non définies à l’avance. C’est
notamment le cas lorsqu’il s’agit de la résolution des altérations
du comportement d’un animal.
L’approche
des comportementalistes est entièrement à l’opposé de ces
principes qui simplifient à outrance les relations de cause à
effet, qui nient les influences du milieu et des individus sur
les comportements ou qui tentent sans se soucier du contexte,
d’appliquer des recettes générales à des situations
individuelles.
Pour
le comportementaliste, la question qui se pose à chaque fois
n’est pas « quel est le nom de ce qui se passe ? »
ou « qu’est-ce qui ne va pas chez ce chien pour
qu’il se comporte ainsi et comment agir sur lui pour que ça
cesse ? » mais plutôt « quels sont les éléments
qui dans l’environnement perceptif peuvent exercer une
influence sur les comportements normaux du chien » et « sur
quels éléments ou leurs conjugaisons puis-je agir pour atténuer,
ou supprimer les difficultés ? »
On
s’en aperçoit rapidement, le contexte, les relations, la
communication entre l’homme et le chien rendent cette
approche bien plus complexe qu’aucune autre, et par là même,
spécialisée.
Conscient
des préjugés qui existent ou du discrédit abusif que l'on
renvoie sur sa spécialité, le comportementaliste se doit
d’informer le public en général et les propriétaires de
chiens en difficulté avec leur animal, de la spécificité de
son approche.
Grâce
à sa formation dans différentes disciplines scientifiques :
-
L’éthologie* (humaine et animale) spécialement la
connaissance des comportements du chien, de ses codes
sociaux et de communication et du cas particulier du chien
familier
-
La
psychologie, dont une branche dite « systémique »
selon laquelle tout groupe constitue un « système »
dont chaque élément influe sur les autres (et ceci vaut
pour les relations homme/chien)
Le
comportementaliste se révèle être LE spécialiste qualifié,
avec sa connaissance des causes des perturbation des relations
homme/chien, des troubles imputables au milieu et des techniques
d’entretien dans la relation d’aide.
*
(science qui a pour objet l’étude des comportements d’un être
vivant dans son milieu naturel)
Dans
quels cas consulter ?
Une
liste sans fin de situations problématiques apporterait-elle un
quelconque intérêt ?
Ne
paraît-il pas impossible de rassembler et de catégoriser ce
qui ne se ressemble pas ?
Comme
souligné longuement plus haut, rien ne ressemble moins à un
chien qu’un autre chien, rien ne ressemble moins à une
famille qu’une autre famille.
Cet
aspect est révélateur, car cette infinie diversité de
situations ne permet pas de normaliser les relations ni les
dysfonctionnements qui s’y rapportent et si des situations
paraissent identiques, elles n’ont jamais ni les mêmes
origines, ni les mêmes solutions.
Inacceptable
et intolérable pour les propriétaires,
voilà le seul dénominateur commun quand une situation inquiète,
dérange ou qu’un fait inattendu, inhabituel se produit avec
le chien.
C’est
déjà une excellente raison pour faire appel à l’expertise
d’un comportementaliste qui suivant les problèmes à résoudre,
recevra dans son cabinet avec ou sans le chien, ou se rendra à
domicile afin de rencontrer ensemble tous les acteurs de la
relation.
Souvent
par méconnaissance ou par dépit, les propriétaires font appel
à nous après avoir rencontré plusieurs autres professionnels,
(éleveurs, éducateurs, dresseurs, vétérinaires) preuve
s’il en faut que l’on peut consulter un comportementaliste
pour n’importe quelle situation difficile.
Il
est toutefois important de noter qu’avant de faire appel à
nous, l’application de conseils stéréotypés ou de solutions
n’ayant aucun rapport avec les difficultés, peuvent ralentir
considérablement la progression de notre travail.
Et
ne pas oublier que le comportementaliste tient un rôle
important en terme de prévention : en effet, bon nombre de
situations parfois bien envenimées dans la relation avec un
chien, auraient pu être évitées si son aide spécialisée
avait été sollicitée en amont.
Lors
de l'acquisition, ou mieux encore, avant l’acquisition d'un
chiot ou d'un chien adulte, il est judicieux de faire appel à
son expertise pour choisir au mieux et pour démarrer "du
bon pied" avec ce nouveau venu dans la famille.
Cette
démarche devrait devenir un automatisme pour tous les futurs
propriétaires, surtout quand il s’agit de leur premier chiot,
ou premier chien adopté.
Cette
rencontre permet de construire tout de suite une bonne relation
avec l’animal, en évitant certaines maladresses et en
installant de bonnes habitudes.
Il
est ainsi tellement plus facile et confortable d'anticiper d'éventuelles
difficultés, plutôt que de se retrouver dans une situation
dont on ne sait plus que faire pour s'en soustraire, et qui
plonge les propriétaires et le chien dans une incompréhension
mutuelle.
Le
public connaît mal notre profession bien plus qu’il n’y est
réticent.
Il
suffit qu’il sache que nous existons auprès des autres
professionnels du monde du chien et en quoi nous nous en
distinguons.
Ainsi
mieux averti de l’aide dont il a besoin, ce public saura mieux
se diriger vers les différents intervenants, dans la jungle de
ce qui est proposé aujourd’hui, notamment sur Internet, en
matière de résolution des problèmes rencontrés dans la
cohabitation avec un chien.
Pour
conclure, que dire à ceux qui ont fait l’expérience
malheureuse de quelqu’un qu’ils ont cru être un
comportementaliste ?
Comme
précisé en introduction cette profession n’est pas encore réglementée,
or lorsqu’on évoque une appellation représentant une activité
professionnelle, on se représente d’abord une formation et
une approche, puis une pratique, le tout formant un ensemble
correspondant fidèlement à cette activité.
C’est
ici qu’il s’agit de distinguer une appellation principale
[où la formation, l’approche et la pratique correspondent fidèlement
à l’activité professionnelle] d’une appellation
secondaire, c'est-à-dire accolée à une appellation
principale [où la formation, l’approche et la pratique
correspondent à l’activité principale et où l’appellation
secondaire exprime une orientation, une tendance qui s’y
subordonne, ou même parfois une vague auto proclamation].
La
formation, l’approche et la pratique du comportementaliste
sont donc bien à différencier de celle par exemple qui porte
l’appellation d’éducateur-comportementaliste.
Accolé
à éducateur, le terme comportementaliste est détourné de son
origine et de sa spécialité, au profit de formations,
d’approches et de pratiques mal définies qui sont bien loin
de le représenter.
Qui
dit « comportements » dit « éthologie »,
et on ne peut réduire cette science, ni à un conditionnement
de l’animal, ni à des idées reçues ou croyances, ni à une
liste de recettes stéréotypées ou de théories d’origine
inconnue.
L’éthologie
du chien familier doit être l’essence de la démarche des
professionnels spécialistes des comportements et des relations
Homme/Chien.
Le
terme de comportementaliste a été déposé à l’INPI par
l’éthologiste/formateur Michel Chanton et décrit une
pratique principale et spécifique, dans un cadre spécifique
lui aussi.
Une
utilisation non justifiée et donc abusive du terme à titre
secondaire n’est en conséquence pas légale, mais surtout
trompeuse et floue pour le public, qui d’ailleurs pour la
plupart ne sait plus à qui s’adresser, parce que ne sachant
pas qui exerce quelle pratique.
Gageons
maintenant qu’il le saura un peu mieux et que dorénavant, les
autres professionnels qui utilisent ce terme, même à titre
secondaire, sauront redevenir modestes en ne s’attribuant pas
des compétences et un titre dont ils ne peuvent justifier.
De
nombreux comportementalistes subissent et se plaignent de
comparaisons négatives avec des professionnels peu scrupuleux
qui utilisent ce titre et dont les connaissances et pratiques
sont plus que douteuses, ou avec des internautes qui se croient
anonymes et distillent conseils insensés, voire dangereux sous
cette appellation.
Il
est important d’informer ici ces ravisseurs, anonymes ou non,
que les comportementalistes entendent maintenant clarifier ces
abus et pourront décider de faire usage de leurs droits à cet
égard.
Michel Quertainmont, Danièle Mirat, Isabelle Fernandes
Comportementalistes
spécialistes de la relation Homme/chien
Coup de gueule:
Attention
à ne pas confondre…. ! avec un métier et des agissements qui ne sont pas ceux de
comportementaliste
(vu
à la télé...)
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