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La
définition commune du mot chien est: mammifère social,
meilleur ami de l’homme…
Pourtant
dans le langage populaire, quand le mot chien est dans une
interjection, c’est pour une injure !
Ah !
«Quel chien ce type !» Ou plus dégradant encore :
«espèce de chienne !» adressé à une femme.
Puisque
cet animal est si bien considéré aujourd’hui (ou prétendument
bien considéré ?) comment se peut-il que les expressions
métaphoriques où il apparaît, montre combien l’homme le dénigre?
On
remarque peu de locutions où «chien» soit une louange, par
contre celles à valeur péjoratives sont nombreuses.
"Vie
de chien !" ou "chienne de vie !"
"métier de chien !" "caractère ou humeur
de chien !" "temps ou froid de chien !!"
autant d’expressions métaphoriques à l’effet puissant,
dont le sens n’échappe à personne pour qualifier quelque
chose de désagréable, mauvais ou sale, quelqu’un de détestable,
vil, méchant, misérable ou méprisable… !
Mais
quelle faute le chien aurait-il commise pour être l’objet
d’autant de mépris ? Est-ce de s’être soumis ?
Nombre
d’expressions populaires où apparaît le chien charriant de
lui une image accablante, j'aimerais en revisiter quelques-unes,
ce qui permettra peut-être d’en changer notre vision.
Texte publié
dans le
magazine "Atout Chien" n°217 de Mars 2004.
"S'entendre
comme chien et chat"
«Ma
biche, ma belle» dirons-nous affectueusement à une fillette.
Ou bien «viens mon petit chat» à un gentil bambin, qui sera
sitôt requalifié « de bête comme un jeune chien »
s’il se montre écervelé !
Pour
peu que ces deux enfants se querellent ou se chamaillent pour un
rien, ne dirons-nous pas d’eux qu’ils s’entendent comme
chien et chat !!?
Mais
au fait ! les chiens et les chats s’entendent-ils si mal ?
Ces
deux là n’étaient pas à leur origine fait pour se
rencontrer, encore moins pour cohabiter.
C’est
l’homme qui fait pourtant vivre ces 2 espèces différentes,
en grande promiscuité parfois, alors que l’un et l’autre
n’ont pas les mêmes codes de communication.
Ce
qui ne facilite pas la compréhension mutuelle des émotions et
des intentions !
Chiens
et chats ne font pas la même utilisation de leurs «outils» de
communication pourtant semblables, que sont les postures, les
mimiques, les sons émis…
Et
l’on peut observer que certains de leurs signaux, souvent
presque identiques, expriment en réalité des états et donc
des messages parfois complètement opposés.
Assurément
ce sont là des sources de malentendus !
En
ne s’en tenant par exemple qu’aux mouvements de leur queue,
chiens et chats expriment justement des émotions contraires.
Gare
à Brutus se méprenant sur les intentions de Minet, qui balance
sa queue dressée de droite à gauche et de plus en plus vite.
Pour
le chien, pareil mouvement de cet appendice chez un de ses congénère
dirait sa franche sympathie à son égard, alors que le chat
indique qu’il est agacé, fâché voire clairement hostile.
Le
chien «mal informé» des codes du petit félidé et qui
approcherait celui-ci d’humeur joviale, risque donc fort de se
voir accueilli à coups de griffes !
Mêmes
possibilités de méprise et contre sens avec d’autres
positions de la queue associées ou non à d’autres signaux
posturaux, tout aussi difficilement déchiffrables pour l’un
et l’autre.
Exemple :
le chien qui se roule sur le flanc exposant son ventre, dans une
proposition on ne peut plus marquée de soumission.
Le
chat lui, est dans cette posture soit défensive ou offensive prêt
à se servir des armes griffues de ses 4 pattes.
Malheur
à Brutus qui s’approcherait de Minet supposé soumis, qui est
en fait prêt à l’attaquer férocement !
C’est
une familiarisation précoce à « l’autre espèce »
chez l’éleveur, qui aide ensuite le chiot ou le chaton à une
approche mutuelle confiante entre félidé et canidé. Chacun se
verra facilité l’apprentissage des codes de comportement et
de communication de l’autre.
L’importance
de cet aspect de la socialisation du jeune âge, est à retenir
pour le choix d’un chiot par exemple, si l’on a déjà un
chat à la maison.
Toutes
les chances sont ainsi réunies pour qu’ils puissent
s’entendre autrement que « comme chien et chat »
parce qu’on leur en a donné les moyens.
Danièle
Mirat
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